Table des matières
- Points clés
- Contexte : le signal d'alarme « To Err Is Human »
- Pourquoi les chercheurs ont choisi la Caroline du Nord
- Méthodologie de l'étude : comment la recherche a été menée
- Sélection des hôpitaux et examen des dossiers
- Garantir l'exactitude : vérifications de fiabilité
- Résultats clés : les types et la gravité des préjudices subis par les patients
- Préjudices évitables : ce qui aurait pu être évité
- Évolution dans le temps : la sécurité des patients s'est-elle améliorée ?
- Implications cliniques : ce que cela signifie pour les patients
- Limites de l'étude : ce que cette recherche ne pouvait pas prouver
- Recommandations pour les patients et leurs familles
- Questions fréquemment posées
- Informations sur la source
Points clés
- Dans une étude portant sur 2 341 admissions hospitalières en Caroline du Nord, 588 préjudices sont survenus, soit environ 25 pour 100 admissions.
- Aucune réduction statistiquement significative des taux de préjudice n'a été observée entre 2002 et 2007 malgré les initiatives nationales en matière de sécurité.
- 63,1 % des préjudices ont été jugés évitables, y compris les préjudices permanents, les événements mettant la vie en danger et les décès.
- Les préjudices les plus courants étaient liés aux procédures, aux médicaments et aux infections acquises à l'hôpital.
- Vous pouvez vous renseigner sur les médicaments, la prévention des chutes, la prévention des infections et la prévention des escarres afin de réduire les risques.
Contexte : L'appel à la vigilance « To Err Is Human »
En décembre 1999, l'Institute of Medicine (IOM) — désormais connu sous le nom de National Academy of Medicine — a publié un rapport historique intitulé To Err Is Human qui a choqué à la fois la communauté médicale et le grand public. Le rapport estimait que les erreurs médicales causaient jusqu'à 98 000 décès et plus d'un million de blessures chaque année aux États-Unis.
Ce rapport a déclenché une réponse sans précédent. Les organismes d'accréditation, les payeurs d'assurance maladie, les organisations à but non lucratif, les agences gouvernementales et les hôpitaux eux-mêmes ont lancé de grandes initiatives et investi des ressources considérables pour améliorer la sécurité des patients.
Certaines interventions spécifiques se sont révélées efficaces pour réduire les erreurs, notamment :
- Les systèmes informatisés de saisie des ordonnances par les prestataires (systèmes numériques pour commander des médicaments et des examens)
- La limitation des quarts de travail des résidents (médecins en formation) à 16 heures consécutives au maximum
- La mise en œuvre de « forfaits de soins » fondés sur des données probantes — groupes de pratiques éprouvées qui améliorent les résultats des patients lorsqu'elles sont réalisées ensemble
Cependant, beaucoup de ces interventions n'ont jamais été évaluées rigoureusement, et même celles qui ont fait leurs preuves n'ont pas été mises en œuvre de manière fiable à grande échelle. La question centrale est restée sans réponse : Tous ces efforts ont-ils réellement rendu les patients plus sûrs ? Cette étude a été conçue pour y répondre.
Pourquoi les chercheurs ont choisi la Caroline du Nord
Les chercheurs ont délibérément sélectionné la Caroline du Nord comme site de l'étude car c'était un État probable pour montrer une amélioration, si une amélioration se produisait quelque part. La Caroline du Nord avait démontré un niveau d'engagement inhabituellement élevé dans les efforts de sécurité des patients, notamment :
- Un taux d'adhésion des hôpitaux de 96 % à une campagne nationale précédente d'amélioration, comparé à une moyenne de 78 % dans les autres États
- Une participation extensive aux programmes de formation à la sécurité à l'échelle de l'État
- Une implication active dans des collaboratifs d'amélioration (groupes d'hôpitaux travaillant ensemble pour partager les meilleures pratiques)
En choisissant un État activement engagé dans le travail de sécurité, les chercheurs ont garanti que toute absence d'amélioration ne pouvait pas simplement être attribuée à un manque d'effort.
Méthodologie de l'étude : Comment la recherche a été menée
L'étude a appliqué un outil appelé Global Trigger Tool for Measuring Adverse Events, développé par l'Institute for Healthcare Improvement (IHI). Cet outil est conçu pour aider les examinateurs à détecter efficacement et de manière fiable les préjudices dans les dossiers médicaux en recherchant des « déclencheurs » spécifiques — des indices dans le dossier d'un patient qui suggèrent qu'un préjudice médicalement induit pourrait s'être produit.
L'outil de déclenchement contient 52 déclencheurs distincts. Par exemple, l'administration de naloxone (un médicament utilisé pour inverser les effets d'une surdose accidentelle de narcotiques) signalerait une erreur médicamenteuse possible. Lorsqu'un examinateur trouvait un déclencheur, il enquêtait plus avant dans le dossier pour déterminer si un préjudice s'était réellement produit.
L'étude était rétrospective, ce qui signifie qu'elle a examiné les dossiers médicaux de patients qui avaient déjà été hospitalisés. Elle comprenait les préjudices présents lors de l'admission du patient (résultant d'un traitement antérieur) ainsi que ceux survenus pendant le séjour hospitalier étudié, afin de capturer la charge totale des préjudices médicaux.
Sélection des hôpitaux et examen des dossiers
Tous les hôpitaux de soins aigus en Caroline du Nord répertoriés dans la base de données de l'American Hospital Association étaient éligibles, à l'exception de ceux qui fournissaient exclusivement des soins pédiatriques, de réadaptation ou psychiatriques. Les hôpitaux ont été regroupés par taille (petit, moyen ou grand), par emplacement (urbain ou rural) et par statut d'enseignement (enseignant ou non enseignant).
Les chercheurs ont invité 14 hôpitaux à atteindre leur objectif de 10 hôpitaux participants (un taux de participation de 71 %). Dans chaque hôpital, 10 admissions sélectionnées au hasard d'au moins 24 heures ont été examinées pour chaque trimestre de janvier 2002 à décembre 2007 — soit un total de 240 dossiers par hôpital.
Un élément clé de la conception : les dossiers ont été examinés dans un ordre aléatoire (et non par date d'admission), et les dates d'hospitalisation ont été masquées aux examinateurs. Cela a empêché tout biais — par exemple, les examinateurs voyaient inconsciemment une « amélioration » parce qu'ils savaient quels dossiers provenaient des années antérieures ou postérieures.
Deux équipes indépendantes ont examiné les mêmes dossiers :
- Examinateurs internes — des équipes basées à l'hôpital (généralement des infirmières comme examinateurs principaux, avec un soutien de médecins) qui travaillaient dans les hôpitaux où elles ont examiné les dossiers.
- Examinateurs externes — des équipes embauchées et supervisées par une organisation de recherche externe (Battelle), qui travaillaient ailleurs.
Les deux équipes ont reçu une formation identique via des séminaires web standardisés, y compris des sessions théoriques, des exercices pratiques d'examen et des séances de débriefing. Chaque examen de dossier a été complété en 20 minutes ou moins.
Dans la deuxième étape de l'examen, les examinateurs principaux ont rédigé des résumés d'un à deux paragraphes sur tous les préjudices suspectés. Deux examinateurs médecins indépendants — qui ignoraient également les dates d'hospitalisation — ont pris les décisions finales concernant la survenue du préjudice, sa gravité et son caractère évitable.
Assurer l'exactitude : vérifications de fiabilité
Les chercheurs ont testé la fiabilité de leur processus d'examen par plusieurs vérifications. La fiabilité est mesurée à l'aide d'un outil statistique appelé score kappa, où les scores varient de 0 (aucun accord) à 1 (accord parfait). Les scores supérieurs à 0,6 sont généralement considérés comme un accord « substantiel », et ceux supérieurs à 0,8 comme un accord « presque parfait ».
Les équipes d'examen internes ont été plus fiables, avec des scores kappa pour la détection des préjudices allant de 0,64 (substantiel) à 0,93 (presque parfait) lors de sept tests de fiabilité. Les examinateurs externes ont obtenu des scores inférieurs, avec des scores kappa allant de 0,40 (modéré) à 0,72 (substantiel).
Pour les évaluations du caractère évitable (décider si un préjudice aurait pu être évité), les scores kappa étaient de 0,83 pour les examinateurs internes et de 0,54 pour les examinateurs externes.
Les chercheurs ont également confié à une équipe d'examinateurs experts — très expérimentés dans l'utilisation de l'outil de détection — l'évaluation indépendante d'un échantillon de 10 % des dossiers de chaque hôpital. Les examinateurs internes étaient en accord avec ces experts sur la présence de préjudice dans 81 % des examens (kappa 0,49), tandis que les examinateurs externes étaient en accord dans 75 % des examens (kappa 0,32). Les examinateurs internes avaient également un meilleur accord avec les experts sur les évaluations de gravité (kappa 0,53 contre 0,26). En bref, les examinateurs internes ont produit des données de meilleure qualité selon toutes les mesures — un détail important lors de l'interprétation des résultats.
Résultats clés : les types et la gravité des préjudices aux patients
Les équipes internes ont complété 2 341 des 2 400 examens de dossiers prévus (97,5 %) dans les 10 hôpitaux. Elles ont identifié un total de 588 préjudices pendant 10 415 jours-patient d'observation.
Cela se traduit par :
- 56,5 préjudices pour 1 000 jours-patient (intervalle de confiance à 95 % [IC], 52,0 à 61,2)
- 25,1 préjudices pour 100 admissions (IC à 95 %, 23,1 à 27,2)
- Ces préjudices sont survenus lors de 423 admissions de patients uniques (18,1 %) — ce qui signifie que près d'une admission sur 5 a impliqué une forme quelconque de préjudice médical
Les équipes externes ont réalisé 2 374 des 2 400 examens prévus (98,9 %) et ont identifié 429 préjudices au cours de 10 675 jours-patient — soit un taux de 40,2 préjudices pour 1 000 jours-patient (IC à 95 %, 36,5 à 44,2). Les évaluateurs externes ont systématiquement identifié moins de préjudices que les évaluateurs internes, ce qui reflète probablement leur sensibilité moindre dans la détection des préjudices.
Quels types de préjudices sont survenus ?
Les 588 préjudices identifiés par les évaluateurs internes se répartissent comme suit :
- Préjudices liés aux procédures : 186 (par exemple, complications liées à une chirurgie ou à des procédures invasives)
- Préjudices liés aux médicaments : 162 (par exemple, réactions indésirables aux médicaments, erreurs de posologie)
- Infections acquises à l'hôpital : 87 (par exemple, infections urinaires, infections du site chirurgical, infections du sang)
- Autres thérapies : 59
- Évaluations diagnostiques : 7
- Chutes : 5
- Autres causes : 82
Quelle était la gravité du préjudice ?
Les préjudices ont été classés à l'aide de l'indice NCC MERP (National Coordinating Council for Medication Error Reporting and Prevention), qui attribue des catégories en fonction de la gravité :
- Catégorie E — Préjudice temporaire nécessitant une intervention : 245 préjudices (41,7 %)
- Catégorie F — Préjudice temporaire nécessitant une hospitalisation initiale ou prolongée : 251 préjudices (42,7 %)
- Catégorie G — Préjudice permanent : 17 préjudices (2,9 %)
- Catégorie H — Préjudice mettant la vie en danger et nécessitant une intervention pour maintenir les fonctions vitales : 50 préjudices (8,5 %)
- Catégorie I — Préjudice ayant causé ou contribué au décès : 14 préjudices (2,4 %)
Parmi l'ensemble des préjudices, 4,4 pour 100 admissions (17,9 %) étaient déjà présents au moment de l'admission du patient (ce qui signifie qu'ils résultaient de soins médicaux antérieurs). Les 20,7 pour 100 admissions (82,3 %) restants sont survenus pendant le séjour hospitalier étudié lui-même.
Répartition par système corporel
L'étude a également classé les effets indésirables par système corporel. Les catégories les plus importantes étaient :
- Infections nosocomiales : 110 au total (82 évitables) — dont 31 infections urinaires, 17 infections du site chirurgical, 11 pneumonies non associées à la ventilation, 10 cas de septicémie/bactériémie, 9 infections du sang liées aux cathéters et 8 pneumonies associées à la ventilation
- Autres types d'effets indésirables : 119 au total (73 évitables) — dont 35 escarres, 9 réactions allergiques, 8 chutes et 8 complications liées aux cathéters
- Événements chirurgicaux ou obstétricaux : 85 au total (49 évitables) — dont 18 lacérations ou lésions d'organes, 16 retours imprévus en salle d'opération et 6 hémorragies postopératoires
- Système hématologique (sanguin) : 53 au total (31 évitables) — dont 27 hémorragies et 5 hématomes
- Système rénal ou endocrinien : 52 au total (43 évitables) — dont 20 épisodes d'hypoglycémie (taux de sucre dans le sang bas), 6 cas de surcharge liquidienne et 6 cas d'insuffisance rénale aiguë
- Système cardiovasculaire : 45 au total (22 évitables) — dont 24 épisodes d'hypotension (tension artérielle dangereusement basse) et 9 arythmies
- Système neurologique : 44 au total (22 évitables) — dont 14 épisodes de sédation excessive et 4 cas de délirium ou d'encéphalopathie
- Système respiratoire : 41 au total (27 évitables) — dont 10 cas d'insuffisance respiratoire aiguë, 7 embolies pulmonaires et 6 pneumothorax (poumons affaissés)
- Système gastro-intestinal : 39 au total (15 évitables) — dont 12 cas de nausées ou vomissements, 7 cas d'iléus (occlusion intestinale) et 5 cas de colite à Clostridium difficile
Effets indésirables évitables : ce qui aurait pu être évité
Une question centrale dans la recherche sur la sécurité des patients est la suivante : quelle part de ces effets indésirables aurait-elle pu être évitée ? Les médecins évaluateurs ont noté le caractère évitable sur une échelle allant de 1 (« définitivement non évitable ») à 4 (« définitivement évitable »).
Parmi les 588 effets indésirables identifiés par les évaluateurs internes, 364 (63,1 %) ont été jugés évitables. Il s'agit d'un résultat frappant : la majorité des effets indésirables n'étaient pas des complications inévitables, mais plutôt des événements qui auraient pu être prévenus avec de meilleurs soins.
Parmi les effets indésirables spécifiquement évitables :
- 144 étaient de catégorie E (effet temporaire nécessitant une intervention)
- 163 étaient de catégorie F (effet temporaire nécessitant une hospitalisation initiale ou prolongée)
- 13 ont causé des dommages permanents (catégorie G)
- 35 étaient menaçants pour la vie (catégorie H)
- 9 ont causé ou contribué au décès du patient (catégorie I)
En d'autres termes, près des deux tiers des effets indésirables médicaux étaient potentiellement évitables — et ces effets évitables comprenaient des lésions permanentes, des événements menaçant le pronostic vital et des décès.
Évolution au fil du temps : la sécurité des patients s'est-elle améliorée ?
Il s'agissait de la question centrale de l'étude, et la réponse était令人沮丧 (sobriété).
Résultats de l'évaluation interne (données de meilleure qualité)
En utilisant un modèle statistique appelé régression de Poisson (une méthode pour analyser les taux au fil du temps), les chercheurs ont constaté aucun changement significatif dans le taux global de préjudices par 1 000 jours-patient (facteur de réduction, 0,99 par an ; IC à 95 %, 0,95 à 1,04 ; P = 0,72).
En termes simples : un facteur de réduction de 0,99 signifie que le taux de préjudices n'a diminué que d'environ 1 % par an — et l'intervalle de confiance inclut la valeur 1,0, ce qui signifie que le changement n'était pas statistiquement significatif. Le taux de préjudices par 100 admissions a également montré aucun changement significatif.
Des sous-analyses n'ont trouvé aucune amélioration significative dans :
- Les préjudices évitables (facteur de réduction, 0,99 ; IC à 95 %, 0,93 à 1,05 ; P = 0,77)
- Les préjudices de gravité élevée (catégories F à I du NCC MERP)
Résultats de l'évaluation externe
Les évaluateurs externes ont également constaté aucun changement significatif dans le taux global de préjudices par 1 000 jours-patient (facteur de réduction, 0,97 ; IC à 95 %, 0,92 à 1,03 ; P = 0,33).
Cependant, il y avait un signal encourageant : le taux non ajusté des préjudices évitables identifiés par les évaluateurs externes est passé de 23,5 préjudices par 1 000 jours-patient en 2002 à 15,0 préjudices par 1 000 jours-patient en 2007 — un facteur de réduction de 0,91 (IC à 95 %, 0,84 à 0,994 ; P = 0,04), qui était statistiquement significatif.
Mais cette découverte ne s'est pas maintenue après un ajustement rigoureux. Lorsque les chercheurs ont ajusté pour la démographie des patients, le service hospitalier et les conditions à haut risque, la réduction des préjudices évitables identifiés par les évaluateurs externes n'a plus atteint la signification statistique (facteur de réduction, 0,92 ; IC à 95 %, 0,85 à 1,00 ; P = 0,06). Le taux global de préjudices externe a également montré aucun changement significatif (facteur de réduction, 0,98 ; IC à 95 %, 0,93 à 1,04 ; P = 0,47).
De manière tout aussi importante : la réduction apparente des préjudices évitables issue des évaluations externes n'était pas soutenue par les évaluations internes de meilleure qualité, qui ont trouvé des taux stables. Puisque les données d'évaluation interne étaient plus fiables selon toutes les mesures, le poids des preuves indique qu'il n'y a pas eu d'amélioration significative.
Implications cliniques : ce que cela signifie pour les patients
Ces résultats ont validé les préoccupations soulevées par les experts en sécurité des patients aux États-Unis et en Europe : les préjudices résultant des soins médicaux restent très fréquents, et une décennie d'efforts de sécurité n'a pas produit d'amélioration mesurable au niveau de l'hôpital.
Les auteurs de l'étude ont offert plusieurs explications pour expliquer pourquoi aucune amélioration n'a été observée :
- De nombreuses interventions de sécurité, bien que prometteuses, n'ont pas été rigoureusement évaluées pour prouver qu'elles fonctionnent dans des conditions réelles.
- Même les interventions éprouvées n'ont pas été mises en œuvre de manière fiable à grande échelle — un hôpital peut adopter une politique sur le papier mais échuer à la mettre en œuvre de manière cohérente au chevet du patient.
- Les efforts de sécurité des patients se sont souvent concentrés sur des cibles spécifiques et étroites (par exemple, réduire les infections liées aux cathéters) plutôt que de traiter de manière complète tous les types de préjudices.
L'étude était dimensionnée pour détecter une réduction substantielle des préjudices (de 40 à 30 préjudices par 100 admissions). Elle aurait probablement détecté une grande amélioration si elle s'était produite. Le fait qu'aucune n'ait été trouvée — dans un État avec un engagement élevé dans le travail de sécurité — est profondément préoccupant.
Pour les patients, la leçon à retenir est que les soins hospitaliers comportent des risques réels, et que ces risques n'ont pas diminué de manière mesurable pendant la période de l'étude. L'étude a montré qu'environ 1 admission sur 5 impliquait une forme quelconque de préjudice, et qu'près des deux tiers de ce préjudice étaient potentiellement évitables.
Limites de l'étude : Ce que cette recherche n'a pas pu prouver
Aucune étude n'est parfaite, et les auteurs ont reconnu plusieurs limites importantes :
- Un seul État : L'étude a été menée uniquement en Caroline du Nord. Bien que l'État ait été choisi car il était susceptible de montrer une amélioration s'il y en avait eu, les résultats ne sont peut-être pas généralisables à tous les hôpitaux des États-Unis.
- Conception rétrospective : L'étude reposait sur l'examen des dossiers médicaux a posteriori. Certains préjudices n'ont peut-être pas été documentés dans les dossiers, et la capacité des évaluateurs à détecter les préjudices dépendait de la qualité et de l'exhaustivité de ces dossiers.
- Préjudices possibles non détectés : L'outil de détection, bien que validé, ne capture pas tous les préjudices possibles. Il est possible que certains préjudices aient été manqués, ce qui signifie que le taux réel de préjudice pourrait être encore plus élevé que celui rapporté.
- Limites statistiques : L'étude avait une puissance de 80 % pour détecter une réduction allant de 40 à 30 préjudices pour 100 admissions au cours de la période de l'étude. Des améliorations réelles mais plus petites pourraient être passées inaperçues — bien que les tendances presque stables dans les données d'examen interne suggèrent que toute telle amélioration était au mieux modeste.
- Aucune mesure directe des interventions de sécurité : L'étude a mesuré les taux de préjudice mais n'a pas suivi quelles interventions de sécurité spécifiques chaque hôpital a mises en œuvre. Elle ne peut pas relier des efforts spécifiques à des résultats.
Recommandations pour les patients et leurs familles
Étant donné que les préjudices médicaux restent fréquents — et que beaucoup sont potentiellement évitables — les patients et leurs familles devraient être des partenaires proactifs dans leur propre sécurité. Sur la base de cette étude et de recherches connexes sur la sécurité des patients, voici des mesures pratiques à considérer :
- Informez-vous sur vos médicaments. Les préjudices liés aux médicaments étaient le deuxième type le plus courant (162 sur 588 préjudices). Demandez à quoi sert chaque médicament, la posologie et les effets secondaires potentiels. Assurez-vous que le personnel de l'hôpital vérifie vos antécédents d'allergies et que tous les professionnels de santé connaissent votre liste complète de médicaments.
- Parlez des chutes. Les chutes ont causé des préjudices dans cette étude. Demandez de l'aide pour sortir du lit si vous vous sentez faible, gardez le bouton d'appel à portée de main et portez des chaussures antidérapantes.
- Informez-vous sur la prévention des infections. Les infections acquises à l'hôpital étaient le troisième type de préjudice le plus courant (87 sur 588, avec des infections urinaires et des infections du site chirurgical comme les plus fréquentes). Demandez si les cathéters sont nécessaires et quand ils seront retirés. Rappelez au personnel et aux visiteurs de se laver les mains. Informez-vous des mesures pour prévenir les infections du site chirurgical si vous subissez une intervention chirurgicale.
- Connaissez votre risque après les procédures. Les préjudices liés aux procédures étaient le type le plus courant (186 sur 588). Informez-vous des risques de toute procédure, des complications possibles et des symptômes qui devraient vous inciter à demander de l'aide par la suite.
- Surveillez l'hypoglycémie. L'hypoglycémie (faible taux de sucre dans le sang) était un préjudice évitable notable (19 des 20 événements de ce type ont été jugés évitables). Si vous êtes diabétique, assurez-vous que votre glycémie est surveillée régulièrement et connaissez les symptômes de l'hypoglycémie.
- Surveillez les escarres. Celles-ci figuraient parmi les préjudices les plus évitables (34 sur 35). Demandez au personnel infirmier de vous aider à changer de position régulièrement si vous êtes alité, et signalez toute zone de rougeur persistante ou de détérioration cutanée.
- Désignez un défenseur familial. Un membre de la famille ou un ami qui peut être présent lors des rounds, poser des questions et aider à suivre les informations peut constituer un filet de sécurité puissant.
Les auteurs de l'étude ont souligné que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour traduire les interventions de sécurité efficaces en pratique courante et pour surveiller la sécurité des soins de santé au fil du temps. Pour l'instant, rester un patient informé et engagé reste l'une des meilleures défenses contre les préjudices médicaux.
Questions fréquemment posées
Quelle est la fréquence des préjudices médicaux pendant un séjour à l'hôpital ?
L'étude a trouvé 25,1 effets indésirables pour 100 admissions, ce qui signifie qu'environ une admission sur cinq impliquait une forme de préjudice. Les préjudices liés aux procédures, ceux liés aux médicaments et les infections acquises à l'hôpital étaient les types les plus courants. Certains préjudices étaient temporaires, mais d'autres ont causé des blessures permanentes, des événements mettant la vie en danger ou ont contribué au décès.
La sécurité des patients s'est-elle améliorée au cours des six années de l'étude ?
Aucune amélioration significative ne s'est produite. Les examinateurs internes n'ont trouvé aucun changement significatif dans les taux globaux de préjudices entre 2002 et 2007. Les examinateurs externes ont observé une réduction possible des préjudices évitables, mais elle n'était pas statistiquement significative après ajustement. L'étude conclut que les efforts de sécurité n'ont pas réduit mesurablement les préjudices pendant cette période.
Que peuvent faire les patients pour réduire leur risque de préjudice ?
Les patients peuvent s'informer sur chaque médicament, sa posologie et ses effets secondaires, et s'assurer que les antécédents d'allergies sont vérifiés. Ils peuvent demander de l'aide pour sortir du lit afin d'éviter les chutes, se demander si les cathéters sont nécessaires, surveiller la glycémie s'ils sont diabétiques, et demander des changements de position réguliers pour prévenir les escarres. Avoir un proche comme défenseur peut également aider.
Quelles étaient les limites de cette étude ?
L'étude a été menée uniquement en Caroline du Nord, donc les résultats peuvent ne pas s'appliquer partout. Elle s'est appuyée sur les dossiers médicaux, qui auraient pu manquer certains préjudices. L'outil de détection ne capture pas tous les préjudices possibles. L'étude ne pouvait détecter que des réductions importantes des préjudices, de sorte que des améliorations plus petites pourraient être passées inaperçues.
Devrais-je obtenir un deuxième avis avant un traitement hospitalier si les erreurs médicales sont courantes ?
Oui, un deuxième avis peut être précieux car les soins hospitaliers comportent des risques réels. Dans une étude portant sur plus de 2 300 admissions, environ une admission sur cinq impliquait un préjudice, et près des deux tiers de ce préjudice étaient potentiellement évitables. Les préjudices courants comprenaient des erreurs médicamenteuses, des infections et des complications liées aux procédures. Un deuxième avis peut vous aider à comprendre vos options de traitement, confirmer la nécessité des procédures et identifier les étapes pour réduire votre risque. Diagnostic Detectives Network fournit des deuxièmes avis d'experts indépendants.
Informations sur la source
Original article title: Landrigan NEJM Hospital safety Study 2010
Authors: Christopher P. Landrigan, M.D., M.P.H., Gareth J. Parry, Ph.D., Catherine B. Bones, M.S.W., Andrew D. Hackbarth, M.Phil., Donald A. Goldmann, M.D., and Paul J. Sharek, M.D., M.P.H.
Journal: New England Journal of Medicine, 2010; Vol. 363, pages 2124–2134. Published November 25, 2010.
Funding: The study was funded by the Rx Foundation, which had no role in the design, data collection, analysis, or manuscript approval.
Cet article adapté aux patients est basé sur des recherches par les pairs. Il est destiné à aider les patients à comprendre les résultats de l'étude et ne remplace pas les conseils médicaux professionnels. Si vous avez des questions concernant vos soins, consultez votre fournisseur de soins de santé.