Health ArticleEducational review — not personal medical advice

Comparaison des voies d’abord pour la chirurgie robotique du cancer de la prostate : approches monoport extrapérinéales versus transpéritonéales

20 min
Original medical illustration for: Comparing Surgical Routes for Robotic Prostate Cancer Surgery: Extraperitoneal vs. Transperitoneal Single-Port Approaches

Table des matières

Points clés

  • La prostatectomie robotique monoport extrapérinéale et transpéritonéale sont sûres et efficaces pour le cancer de la prostate localisé.
  • La voie d’abord transpéritonéale a entraîné moins de pertes sanguines, moins de complications graves et une meilleure récupération de la continence urinaire à 90 jours.
  • La voie extrapérinéale a conduit à des séjours hospitaliers plus courts, les patients étant sortis en moyenne environ 8 heures plus tôt.
  • Aucune différence significative n’a été trouvée entre les approches pour le temps opératoire, les scores de douleur ou les marges chirurgicales positives.
  • Le choix de l’approche doit être individualisé, en tenant compte de l’expérience du chirurgien, des facteurs liés au patient et des priorités de récupération.

Pourquoi cette recherche est importante

Le cancer de la prostate est l'un des cancers les plus fréquents chez les hommes, et la chirurgie visant à retirer la glande prostatique — appelée prostatectomie radicale — reste une pierre angulaire du traitement des formes localisées. Ces dernières années, la prostatectomie radicale robot-assistée (RARP) est devenue une approche chirurgicale de premier plan car elle offre une plus grande précision, des incisions plus petites et une récupération plus rapide que la chirurgie ouverte traditionnelle.

La dernière avancée dans ce domaine est la chirurgie robotique monoport (SP), approuvée aux États-Unis en 2018. Contrairement à la chirurgie robotique multiports traditionnelle qui nécessite plusieurs incisions, la chirurgie monoport utilise un seul point d'entrée de petite taille. Cette approche offre une conception compacte, un traumatisme minimal et des caméras doubles, ce qui en fait une alternative de plus en plus populaire à la RARP multiports conventionnelle.

Les chirurgiens peuvent réaliser une RARP monoport (SP-RARP) en utilisant deux voies différentes pour atteindre la prostate :

  • La voie d’abord transpéritonéale (SP-TPRP) : Le chirurgien pénètre par la cavité abdominale (le péritoine), de manière similaire à la chirurgie laparoscopique traditionnelle.
  • La voie d’abord extrapéritonéale (SP-EPRP) : Le chirurgien travaille dans l'espace situé à l'extérieur de la cavité abdominale (l'espace extrapéritonéal), sans pénétrer dans le péritoine.

Un débat persiste parmi les chirurgiens quant à l'approche la plus favorable. Certains soutiennent que la chirurgie extrapéritonéale réduit le temps opératoire, les pertes sanguines et la durée d'hospitalisation, tout en diminuant le risque de marges chirurgicales positives (cellules cancéreuses restantes au bord du tissu retiré) et des complications. D'autres estiment que la voie transpéritonéale offre une meilleure vue chirurgicale, une précision accrue et une protection supérieure de l'urètre et des nerfs environnants.

Des analyses précédentes de la chirurgie robotique multiports traditionnelle ont suggéré que la voie extrapéritonéale offrait des temps opératoires plus courts, des durées d'hospitalisation réduites et moins de complications. Cependant, jusqu'à présent, aucune étude n'avait comparé systématiquement ces deux approches spécifiquement pour la chirurgie robotique monoport. Cette recherche a été conçue pour combler cette lacune et aider les chirurgiens à choisir la meilleure approche pour leurs patients.

Comment la recherche a été menée

Les chercheurs ont suivi les éléments de rapport préférés pour les revues systématiques et les méta-analyses (PRISMA), qui sont des normes internationalement reconnues pour la réalisation et le rapport des recherches sous forme de revues. L'étude a été enregistrée à l'avance sur PROSPERO, une base de données internationale pour les revues systématiques, sous le numéro d'enregistrement CRD42023409667.

Une recherche systématique dans quatre grandes bases de données médicales — PubMed, Embase, Web of Science et la Cochrane Library — a été réalisée pour identifier toutes les études pertinentes publiées jusqu'en février 2023. La recherche a utilisé des combinaisons de mots-clés tels que « prostatectomie radicale transpéritonéale », « prostatectomie radicale extrapéritonéale », « procédures chirurgicales robotiques » et « monoport ». Les chercheurs ont également examiné manuellement les listes de références des articles pertinents pour s'assurer qu'aucune étude importante n'était manquante.

Les études ont été sélectionnées selon des critères stricts :

  1. Patients : Hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate localisé
  2. Intervention : Prostatectomie radicale robot-assistée monoport extrapéritonéale
  3. Comparaison : Prostatectomie radicale robot-assistée monoport transpéritonéale
  4. Objectifs : Au moins une mesure des résultats périopératoires (liés à la chirurgie), fonctionnels (continence urinaire) ou oncologiques (marges chirurgicales positives)
  5. Conception de l'étude : Études cas-témoins, études de cohorte ou essais contrôlés randomisés

Les études ont été exclues s'il s'agissait de rapports de congrès, d'éditoriaux, de résumés de congrès, de recherches non comparatives ou si elles manquaient de données analysables.

Deux évaluateurs ont extrait indépendamment les données de chaque étude, y compris les caractéristiques des patients (âge, indice de masse corporelle, taux de PSA, taille de la prostate, stade de la tumeur), les résultats périopératoires (durée de l'opération, durée d'hospitalisation, perte sanguine, scores de douleur), les complications, le rétablissement de la continence et les taux de marges chirurgicales positives. Tout désaccord a été résolu par un troisième évaluateur.

Pour l'analyse statistique, les chercheurs ont utilisé le logiciel Stata 15.1. Les résultats pour les objectifs binaires (oui/non) ont été exprimés sous forme de risques relatifs (RR), tandis que les objectifs continus (comme les pertes sanguines ou les jours d'hospitalisation) ont été exprimés sous forme de différences moyennes pondérées (DMP), toutes deux avec des intervalles de confiance à 95 %. L'hétérogénéité statistique — la variation entre les études — a été mesurée à l'aide de la statistique I². Lorsque I² était de 50 % ou plus, indiquant une hétérogénéité significative, un modèle à effets aléatoires a été utilisé ; lorsqu'il était inférieur à 50 %, un modèle à effets fixes a été appliqué. Des analyses de sensibilité ont été réalisées en utilisant la méthode « leave-one-out » (laisser-un-de-côté), qui consiste à retirer une étude à la fois pour vérifier qu'aucune étude unique ne dirigeait les résultats.

La qualité des études a été évaluée à l'aide de l'échelle de Newcastle-Ottawa (NOS), un outil largement utilisé qui évalue les études sur la sélection des participants, la comparabilité des groupes et l'évaluation des résultats. Les études obtenant un score inférieur à 5 points ont été exclues.

Résultats clés : ce que l'étude a révélé

Après avoir dépouillé 318 études issues des quatre bases de données, les chercheurs ont identifié 5 études qui répondaient à tous les critères d'inclusion. Il s'agissait d'études de cohorte prospectives ou rétrospectives menées aux États-Unis, impliquant un total de 833 patients — 425 ayant subi une SP-TPRP et 408 ayant subi une SP-EPRP. La taille des études individuelles variait de 34 à 476 patients.

Il est important de noter que les deux groupes de patients étaient bien appariés au début des études. Il n'y avait aucune différence statistiquement significative entre les groupes pour l'âge (p = 0,957), l'indice de masse corporelle (p = 0,054), les niveaux préopératoires de PSA (p = 0,139), les antécédents d'intervention abdominale précédente (p = 0,394), le grade biopsique (p = 0,995) ou le volume prostatique (p = 0,458). Cela signifie que les différences de résultats peuvent être attribuées à l'approche chirurgicale plutôt qu'à des différences préexistantes entre les patients.

Temps opératoire : aucune différence significative

Les 5 études ont rapporté le temps opératoire pour les deux approches. La méta-analyse a montré aucune différence statistiquement significative dans la durée de l'opération entre la SP-EPRP et la SP-TPRP (WMD : 3,02 minutes, IC à 95 % −32,49 à 38,52 ; p = 0,868).

Ce résultat diffère des recherches antérieures sur la chirurgie robotique multiport. Par exemple, une étude précédente d'Uy et ses collègues a montré que la chirurgie extrapéritonéale avait un temps opératoire plus court que la chirurgie transpéritonéale dans le cadre d'une prostatectomie radicale robotisée multiport (RARP), car elle atteint directement la prostate sans passer par la cavité abdominale. Les chercheurs suggèrent plusieurs raisons possibles à cette différence dans la chirurgie monoport :

  • Expérience du chirurgien : Deux des études incluses ont indiqué que les chirurgiens étaient plus expérimentés avec la SP-TPRP et moins familiers avec la SP-EPRP, ce qui aurait pu allonger le temps opératoire de la SP-EPRP.
  • Indice de masse corporelle (IMC) des patients : Un IMC plus élevé et une graisse abdominale plus épaisse rendent la chirurgie plus difficile et plus longue. Cela est particulièrement vrai dans la chirurgie transpéritonéale avec le patient en position de Trendelenburg (inclinaison tête en bas).

Les chercheurs notent que si ces facteurs étaient contrôlés, la SP-EPRP pourrait montrer un avantage en termes de temps, comme observé dans la chirurgie multiport.

Perte sanguine : la SP-TPRP l'emporte

Cinq études ont rapporté la perte sanguine peropératoire, et les résultats ont significativement favorisé l'approche transpéritonéale. Les patients du groupe SP-TPRP ont perdu, en moyenne, 43,92 millilitres de sang de moins pendant la chirurgie que les patients du groupe SP-EPRP (WMD : −43,92, IC à 95 % −69,81 à −18,04 ; p = 0,001). Cette différence était statistiquement significative, ce qui signifie qu'il existe de fortes preuves qu'il s'agit d'un effet réel et non dû au hasard.

Durée de l'hospitalisation : la SP-EPRP permet un retour plus rapide à domicile

Quatre études ont rapporté la durée de l'hospitalisation, et ici l'approche extrapéritonéale avait l'avantage. Les patients du groupe SP-EPRP ont été hospitalisés en moyenne 7,88 heures (environ un tiers d'une journée) plus tôt que les patients du groupe SP-TPRP (WMD : 7,88, IC à 95 % 0,65 à 15,10 ; p = 0,03).

Les chercheurs expliquent que la durée d'hospitalisation plus longue avec la SP-TPRP peut être liée à l'irritation péritonéale et à l'obstruction intestinale (blocage), qui peuvent survenir lorsque la cavité abdominale est pénétrée pendant la chirurgie. Comme la SP-EPRP contourne les intestins, le contact avec le côlon est considérablement réduit, permettant potentiellement une récupération plus rapide et une sortie plus précoce.

Douleur postopératoire : comparable entre les approches

Quatre études ont évalué les scores de douleur à la sortie. Il n'y avait aucune différence significative entre les deux groupes (WMD −0,08, IC à 95 % −0,40 à 0,23 ; p = 0,6). Les patients ont signalé des niveaux de douleur similaires après les deux procédures, et les besoins en antalgiques opioïdes étaient également comparables.

Complications : un tableau nuancé

Les complications postopératoires ont été analysées de deux manières. En ce qui concerne le taux global de complications, il n'y avait aucune différence significative entre les deux approches (RR 0,92, IC à 95 % 0,64 à 1,31 ; p = 0,74).

Cependant, lorsque les chercheurs se sont concentrés sur les complications plus graves — définies comme le grade II ou supérieur de Clavien-Dindo (complications nécessitant un traitement médicamenteux, une intervention chirurgicale ou des soins intensifs) — un tableau différent est apparu. Le groupe SP-TPRP avait un risque 45 % plus faible de ces complications graves par rapport au groupe SP-EPRP (RR 0,55, IC à 95 % 0,31 à 0,99 ; p = 0,04). Cela signifie que bien que les deux approches présentent des taux de complications globales similaires, les complications qui surviennent avec la SP-TPRP ont tendance à être moins sévères.

Les chercheurs ont noté que deux des études incluses ont trouvé un taux plus élevé de kystes lymphoïdes (lymphocèles) — collections de liquide qui peuvent se former après une dissection des ganglions lymphatiques pelviens — dans le groupe SP-EPRP. Cela peut être parce que, bien que la SP-EPRP préserve les structures intrapéritonéales, son espace de travail est plus limité et manque des canaux lymphatiques nécessaires pour absorber le liquide. Garder l'espace péritonéal ouvert pendant la chirurgie ou lors de l'ablation des ganglions lymphatiques peut aider à réduire cette complication.

Récupération de la continence urinaire : l’approche SP-TPRP avait l’avantage

Quatre études ont rapporté la récupération de la continence urinaire à 90 jours après la chirurgie, définie par l’absence de protections ou l’utilisation d’une seule protection de sécurité par jour. Les résultats favorisaient significativement la voie d’abord transpéritonéale, les patients du groupe SP-TPRP étant 23 % plus susceptibles d’atteindre une récupération de la continence à 90 jours (RR 1,23, IC à 95 % 1,05 à 1,45 ; p = 0,04).

Les chercheurs estiment que cet avantage peut provenir de la capacité du SP-TPRP à mieux protéger le sphincter urétral — le muscle qui contrôle le flux urinaire. La voie transpéritonéale permet une meilleure visualisation et préservation du sphincter urétral externe et des tissus nerveux environnants. L’utilisation de techniques d’épargne nerveuse pendant la chirurgie a également été soulignée comme un facteur important dans la récupération de la continence, ainsi que le niveau d’expérience du chirurgien.

Marges chirurgicales positives : aucune différence

Quatre études ont rapporté les marges chirurgicales positives (MCP) — la présence de cellules cancéreuses au bord du tissu prostatique retiré, ce qui est associé à un risque plus élevé de récidive du cancer. Il n’y avait aucune différence statistiquement significative entre les deux approches (RR 1,03, IC à 95 % 0,80 à 1,32 ; p = 0,8). Les approches SP-EPRP et SP-TPRP ont obtenu des taux similaires d’éradication complète du cancer.

Qualité et fiabilité des preuves

La qualité des cinq études incluses a été évaluée à l’aide de l’échelle de Newcastle-Ottawa. Toutes les études ont obtenu un score de 5 ou plus (sur un total possible de 9), avec une médiane de 7. Deux études ont obtenu un score de 8, deux ont obtenu 6 ou 7, et une a obtenu 5. Cela indique une qualité méthodologique généralement bonne dans les recherches incluses.

Les chercheurs ont également examiné l’hétérogénéité statistique — la mesure dans laquelle les résultats variaient entre les études. Pour trois critères, l’hétérogénéité était élevée :

  • Durée de l’hospitalisation : I² = 94,0 % (très forte variation entre les études)
  • Durée de l’opération : I² = 96,2 % (très forte variation)
  • Perte sanguine : I² = 75,4 % (variation substantielle)

Les chercheurs ont réalisé des analyses de méta-régression basées sur l’année de publication et la taille de l’échantillon pour explorer les sources de cette hétérogénéité, mais ces facteurs n’ont pas expliqué la variation (p > 0,05). En raison du petit nombre d’études, des analyses de sous-groupes supplémentaires n’ont pas pu être effectuées.

Il est important de noter que les analyses de sensibilité utilisant la méthode « leave-one-out » ont montré que les résultats restaient cohérents lorsque chaque étude était retirée à tour de rôle. Cela signifie qu’aucune étude unique n’était responsable de l’orientation des conclusions, ce qui renforce la confiance dans celles-ci.

Le biais de publication — la tendance à publier plus facilement les études aux résultats positifs que celles aux résultats négatifs — a également été évalué à l’aide de graphiques en entonnoir et des tests de régression de Begg. Aucune preuve de biais de publication n’a été trouvée pour la durée opératoire, la perte sanguine ou la durée de l’hospitalisation (p > 0,05), ce qui soutient l’intégrité des résultats.

Ce que cela signifie pour les patients

Pour les hommes confrontés à une chirurgie du cancer de la prostate, cette étude offre plusieurs enseignements importants. Les deux approches chirurgicales pour la prostatectomie radicale robot-assistée monoport sont sûres et efficaces, offrant aux chirurgiens et aux patients une flexibilité dans le choix de la meilleure option en fonction des circonstances individuelles.

Voici ce que les preuves suggèrent en termes pratiques :

  • Si la récupération rapide du contrôle urinaire est une priorité : La voie d’abord transpéritonéale (SP-TPRP) semble offrir de meilleures chances de retrouver la continence 90 jours après la chirurgie. Il s’agit d’une considération critique pour la qualité de vie de nombreux hommes après une prostatectomie.
  • Si l’objectif est de minimiser les complications graves : Le SP-TPRP a été associé à moins de complications de grade II et supérieur selon la classification de Clavien-Dindo. Les patients sont moins susceptibles de subir des complications nécessitant une intervention médicale ou une réadmission.
  • Si la réduction de la perte sanguine est importante : Le SP-TPRP a montré une perte sanguine intraopératoire significativement plus faible, ce qui peut contribuer à une récupération plus fluide et à un besoin réduit en transfusions.
  • Si le retour plus rapide à domicile est important : La voie d’abord extrapéritonéale (SP-EPRP) a été associée à des séjours hospitaliers plus courts, ce qui peut être attrayant pour les patients qui préfèrent passer un temps minimal à l’hôpital.
  • Si vous êtes préoccupé par le contrôle du cancer : Les deux approches ont obtenu des taux similaires de marges chirurgicales négatives, ce qui signifie que les résultats en matière de contrôle du cancer étaient comparables.

Le choix entre ces deux approches doit être discuté attentivement avec votre équipe chirurgicale. Les facteurs susceptibles d’influencer la décision comprennent le niveau d’expérience du chirurgien avec chaque technique, votre indice de masse corporelle, vos antécédents chirurgicaux et les caractéristiques spécifiques de votre cancer.

Limites de l’étude

Bien que cette méta-analyse fournisse des informations précieuses, elle présente plusieurs limites qui doivent être reconnues :

  • Nombre limité d’études : Seules 5 études répondaient aux critères d’inclusion, ce qui limite la puissance statistique de l’analyse.
  • Absence d’essais contrôlés randomisés : Toutes les études incluses étaient des études de cohorte prospectives ou rétrospectives, plus susceptibles aux biais que les essais randomisés. Les patients n’ont pas été assignés au hasard à l’une ou l’autre approche, de sorte que des facteurs non mesurés ont pu influencer les résultats.
  • Limite géographique : Toutes les études ont été menées aux États-Unis, et les résultats peuvent ne pas être généralisables à d’autres pays disposant de systèmes de santé, de formations chirurgicales ou de populations de patients différentes.
  • Hétérogénéité élevée : Les résultats concernant la durée du séjour hospitalier, le temps opératoire et les pertes sanguines ont montré une variation considérable entre les études, ce qui peut refléter des différences dans la technique chirurgicale, les caractéristiques des patients ou les pratiques institutionnelles.
  • L’expérience des chirurgiens n’était pas uniforme : Certains chirurgiens étaient plus expérimentés avec une approche qu’avec l’autre, ce qui a pu affecter les résultats tels que le temps opératoire et les taux de complications.
  • Durée de suivi limitée : La continence a été évaluée à 90 jours, mais les résultats à plus long terme au-delà de cette période n’étaient pas disponibles dans les études incluses.
  • Analyse par sous-groupes impossible : Le petit nombre d’études a empêché les chercheurs de réaliser des analyses significatives par sous-groupes pour explorer comment des facteurs tels que l’IMC, le stade du cancer ou la technique de conservation nerveuse pourraient influencer les résultats.

Recommandations pour les patients

Si vous ou un proche envisagez une prostatectomie radicale robot-assistée, voici quelques recommandations pratiques basées sur cette recherche :

  1. Ayez une discussion ouverte avec votre chirurgien concernant l’approche — extrapéritonéale ou transpéritonéale — qui est recommandée pour votre situation spécifique, et pourquoi. Renseignez-vous sur son expérience personnelle avec chaque technique.
  2. Prennez en compte vos priorités. Si la récupération de la continence urinaire est votre principale préoccupation, l’approche transpéritonéale peut offrir des avantages. Si vous préférez un séjour hospitalier plus court, l’approche extrapéritonéale mérite d’être discutée.
  3. Demandez des informations sur les techniques de conservation nerveuse. L’étude a montré que la préservation des nerfs pendant la chirurgie affecte significativement la récupération de la continence. Demandez à votre chirurgien si vous êtes candidat à une chirurgie avec conservation nerveuse, car cela peut dépendre du stade et de l’emplacement de votre cancer.
  4. Discutez de vos facteurs de risque. Votre indice de masse corporelle, les antécédents de chirurgies abdominales et la taille de la prostate peuvent tous affecter les résultats chirurgicaux. Soyez transparent avec votre équipe chirurgicale concernant vos antécédents médicaux.
  5. Comprenez que les deux approches sont sûres et efficaces. Le facteur le plus important pour un bon résultat est souvent la compétence et l’expérience de votre équipe chirurgicale, plutôt que l’approche spécifique utilisée.
  6. Définissez des attentes réalistes. Bien que cette étude montre que la SP-TPRP offre une chance 23 % supérieure de récupération de la continence à 90 jours, les résultats individuels varient considérablement. De nombreux hommes continuent de voir des améliorations de la continence jusqu’à 12 mois après la chirurgie.

Les chercheurs ont conclu que cette étude démontre avec succès que les approches SP-RARP extrapéritonéale et transpéritonéale sont sûres et efficaces pour traiter le cancer de la prostate localisé. Ils notent que l'approche SP-TPRP semble offrir des avantages en termes de perte sanguine, de taux de complications graves et de récupération de la continence, bien qu'elle soit accompagnée d'une durée d'hospitalisation plus longue. Ces informations fournissent des éléments précieux pour les cliniciens qui choisissent la méthode chirurgicale la plus adaptée à chaque patient, ainsi que pour les patients eux-mêmes, qui méritent d'être des participants actifs dans cette décision importante.

Questions fréquemment posées

Quels sont les deux accès chirurgicaux pour la prostatectomie robotisée monoport ?

Il s'agit de l'approche transpéritonéale, qui pénètre dans la cavité abdominale, et de l'approche extrapéritonéale, qui se déroule à l'extérieur de la cavité abdominale. Les deux sont des techniques mini-invasives pour retirer la prostate dans le cadre d'un cancer de la prostate localisé. Chaque accès présente des avantages et des inconvénients spécifiques, et les deux sont considérés comme des options sûres et efficaces.

Quel accès entraîne une durée d'hospitalisation plus courte ?

L'approche extrapéritonéale (SP-EPRP) a entraîné des durées d'hospitalisation plus courtes. Les patients ont été hospitalisés environ 7,88 heures de moins en moyenne que ceux qui ont subi l'approche transpéritonéale. Cela peut s'expliquer par le fait que la voie extrapéritonéale évite la cavité abdominale, permettant potentiellement une récupération plus rapide du transit intestinal.

La récupération de la continence urinaire est-elle meilleure avec l'un des accès ?

Oui. L'approche transpéritonéale (SP-TPRP) a offert une meilleure récupération de la continence urinaire à 90 jours après la chirurgie. Les patients avaient 23 % plus de chances d'atteindre la continence, définie comme l'absence de protection ou l'utilisation d'une seule protection légère par jour. Une meilleure visualisation du sphincter urétral peut expliquer cet avantage.

Les deux approches diffèrent-elles en termes de contrôle du cancer ?

Aucune différence significative n'a été observée pour les marges chirurgicales positives, c'est-à-dire la présence de cellules cancéreuses au bord de la prostate retirée. Les approches extrapéritonéale et transpéritonéale ont obtenu des taux similaires d'éradication complète du cancer. Le choix entre les deux approches ne semble donc pas affecter ce résultat oncologique important.

Quelle approche présente moins de complications graves ?

L'approche transpéritonéale était associée à un risque de complications graves réduit de 45 %, définies comme un grade II ou supérieur selon la classification de Clavien-Dindo, nécessitant des médicaments, une chirurgie ou des soins intensifs. Les taux globaux de complications étaient similaires, mais les complications liées à l'approche transpéritonéale avaient tendance à être moins sévères.

Comment dois-je décider quelle approche chirurgicale me convient ?

Discutez avec votre chirurgien de l'approche qui correspond à votre situation. Prenez en compte vos priorités : la voie transpéritonéale peut offrir une meilleure récupération de la continence, moins de pertes sanguines et moins de complications graves, mais une durée d'hospitalisation plus longue. La voie extrapéritonéale peut permettre une sortie plus précoce. Des facteurs tels que l'expérience du chirurgien, votre indice de masse corporelle, les antécédents de chirurgies abdominales et les caractéristiques du cancer sont également importants.

Quand un patient atteint d'un cancer de la prostate localisé devrait-il chercher un deuxième avis concernant le choix entre une prostatectomie robotisée monoport transpéritonéale et extrapéritonéale ?

Dans le cadre du cancer de la prostate localisé, les deux voies chirurgicales robotisées monoport sont sûres et efficaces, mais elles diffèrent par leurs compromis : la voie transpéritonéale entraîne moins de pertes sanguines, moins de complications graves et une meilleure récupération de la continence urinaire à 90 jours, tandis que la voie extrapéritonéale permet une durée d'hospitalisation plus courte. Un deuxième avis peut vous aider à peser ces différences par rapport à vos priorités, confirmer que l'approche recommandée correspond aux caractéristiques de votre cancer et s'assurer que les options de préservation des nerfs ont été explorées. Diagnostic Detectives Network fournit des deuxièmes avis d'experts indépendants.

Informations sur la source

Original Article: "Perioperative, function, and positive surgical margin in extraperitoneal versus transperitoneal single port robot-assisted radical prostatectomy: a systematic review and meta-analysis"

Authors: Jiang Y, Liu Y, Qin S, Zhong S, Huang X.

Journal: World Journal of Surgical Oncology (2023) 21:383

DOI: https://doi.org/10.1186/s12957-023-03272-7

Registration: PROSPERO (CRD 42023409667)

Cet article à destination des patients est basé sur des recherches évaluées par les pairs. Il est destiné à des fins éducatives et ne doit pas remplacer les conseils médicaux individualisés de votre professionnel de santé. Discutez toujours de vos options de traitement spécifiques avec votre urologue ou chirurgien.