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Sacituzumab Govitecan et Pembrolizumab : Une Nouvelle Option de Traitement en Première Ligne pour le Cancer du Sein Triple Négatif Avancé

24 min
Original medical illustration for: Sacituzumab Govitecan Plus Pembrolizumab: A New First-Line Treatment Option for Advanced Triple-Negative Breast Cancer

Table des matières

Points Clés

  • Dans un essai de phase 3 mené auprès de 443 patients, le sacituzumab govitecan associé au pembrolizumab a retardé la progression du cancer pendant une médiane de 11,2 mois, contre 7,8 mois avec la chimiothérapie associée au pembrolizumab.
  • La combinaison a réduit le risque de progression de la maladie ou de décès de 35 % par rapport au traitement standard dans le cancer du sein triple négatif avancé PD-L1-positif.
  • Les réponses tumorales ont duré près de deux fois plus longtemps avec la nouvelle combinaison : médiane de 16,5 mois contre 9,2 mois.
  • Moins de patients ont arrêté le traitement en raison d'effets secondaires avec le sacituzumab govitecan associé au pembrolizumab (12 %) qu'avec la chimiothérapie associée au pembrolizumab (31 %).
  • Les données de survie globale ne sont pas encore matures ; un suivi plus long est nécessaire pour déterminer si la nouvelle combinaison améliore la durée de vie des patients.

Comprendre le cancer du sein triple négatif

Le cancer du sein est la première cause de décès lié au cancer chez les femmes dans le monde. Parmi tous les types de cancer du sein, le cancer du sein triple négatif est le sous-type le plus agressif. Son nom vient du fait que ces tumeurs manquent de trois caractéristiques clés : elles n'expriment pas les récepteurs des œstrogènes (RE), elles n'expriment pas les récepteurs de la progestérone (RP) et elles ont une expression faible ou nulle du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2).

Parce que ces tumeurs manquent de ces trois cibles, de nombreuses thérapies hormonales standard ou dirigées contre HER2 ne fonctionnent pas pour elles. Cela rend le traitement plus difficile.

Pour les personnes atteintes d'un cancer du sein triple négatif métastatique (cancer qui s'est propagé au-delà du sein), le pronostic a historiquement été mauvais. Le taux de survie relative à 5 ans est d'environ 15 %, ce qui signifie que seulement environ 15 patients sur 100 vivent au moins 5 ans après le diagnostic.

Environ 40 % des cas de cancer du sein triple négatif sont positifs pour le PD-L1. Le PD-L1 (ligand 1 de la mort programmée) est une protéine présente à la surface de certaines cellules cancéreuses. Il agit comme un « frein » sur le système immunitaire, empêchant les cellules immunitaires d'attaquer la tumeur. Le score combiné positif (CPS) mesure la quantité de PD-L1 présente en comptant les cellules tumorales, les lymphocytes et les macrophages marqués par le PD-L1, en divisant par le nombre total de cellules tumorales viables, puis en multipliant par 100. Un CPS de 10 ou plus est considéré comme positif pour le PD-L1 dans ce contexte.

Pourquoi cette recherche est importante

Le traitement de première intention préféré actuel pour les patients atteints d'un cancer du sein triple négatif métastatique, PD-L1–positif et non traité auparavant, est le pembrolizumab (Keytruda), un type d'immunothérapie appelé inhibiteur de point de contrôle immunitaire PD-1, combiné à une chimiothérapie. Cette recommandation est basée sur un essai de phase 3 précédent appelé KEYNOTE-355.

Dans cet essai antérieur, le pembrolizumab associé à la chimiothérapie (taxanes ou gemcitabine–carboplatin) a entraîné une survie sans progression significativement plus longue que la chimiothérapie seule — une médiane de 9,7 mois contre 5,6 mois. La survie globale était également plus longue : 23,0 mois contre 16,1 mois chez les patients dont les tumeurs exprimaient le PD-L1 avec un CPS de 10 ou plus.

Malgré ces progrès, il reste encore des marges d'amélioration. Environ la moitié des patients atteints d'un cancer du sein triple négatif métastatique ne reçoivent jamais de traitement au-delà de leur première ligne de thérapie. Cela signifie que le premier traitement reçu par les patients est particulièrement important — il peut être leur seule opportunité de contrôle efficace de la maladie.

Le sacituzumab govitecan (commercialisé sous le nom de Trodelvy) est un type différent de médicament appelé conjugué anticorps-médicament. Il est constitué d'un anticorps humanisé qui cible une protéine appelée Trop-2 (antigène de surface cellulaire trophoblastique 2), qui se trouve à la surface de nombreuses cellules cancéreuses. L'anticorps est attaché à un médicament de chimiothérapie appelé SN-38, un inhibiteur de la topoisomérase I, par l'intermédiaire d'un lien hydrolysable spécial. Cette conception permet au médicament de délivrer la chimiothérapie directement aux cellules cancéreuses.

Le sacituzumab govitecan est déjà approuvé dans plusieurs pays pour les patients atteints d'un cancer du sein triple négatif métastatique après au moins deux traitements systémiques antérieurs (au moins un administré pour la maladie métastatique). Cette approbation était basée sur l'essai de phase 3 ASCENT, qui a montré des améliorations significatives de la survie sans progression et de la survie globale avec le sacituzumab govitecan par rapport à la chimiothérapie dans ce contexte de traitement ultérieur.

L'essai ASCENT-04/KEYNOTE-D19 a posé une nouvelle question : Le sacituzumab govitecan pourrait-il être utilisé plus tôt — dans le cadre du premier traitement reçu par les patients pour la maladie avancée — lorsqu'il est combiné au pembrolizumab ?

Conception de l'étude

Il s'agissait d'un essai international randomisé, ouvert (ce qui signifie que les patients et les médecins savaient quel traitement était administré), de phase 3, mené dans 186 centres dans 28 pays. L'étude a inclus des adultes atteints d'un cancer du sein triple négatif localement avancé non résécable (cancer qui ne peut pas être retiré par chirurgie) ou métastatique, dont les tumeurs étaient positives pour le PD-L1 avec un CPS de 10 ou plus. Les patients ne devaient avoir reçu aucun traitement antérieur pour la maladie avancée.

Le statut triple négatif a été confirmé de manière centralisée sur des échantillons tumoraux. Pour être éligibles, les tumeurs devaient avoir moins de 1 % de cellules positives pour le récepteur des œstrogènes ou le récepteur de la progestérone, et un résultat d'immunohistochimie (IHC) HER2 de 0, 1+ ou 2+ avec une hybridation in situ négative. L'expression du PD-L1 a été mesurée à l'aide du test PD-L1 IHC 22C3 pharmDx (Dako, Agilent Technologies).

Les patients éligibles ont été randomisés selon un ratio de 1:1 — comme un lancer de pièce — pour recevoir l'un des deux traitements :

  • Sacituzumab govitecan plus pembrolizumab : Le sacituzumab govitecan a été administré par voie intraveineuse à une dose de 10 mg par kilogramme de poids corporel aux jours 1 et 8 de chaque cycle de 21 jours. Le pembrolizumab a été administré par voie intraveineuse à une dose fixe de 200 mg au jour 1 de chaque cycle de 21 jours.
  • Chimiothérapie plus pembrolizumab (groupe témoin) : Les patients ont reçu l'une des trois options de chimiothérapie choisies par leur médecin — paclitaxel à 90 mg par mètre carré de surface corporelle, ou paclitaxel lié aux albumines nanoparticulaires (nab-paclitaxel) à 100 mg par mètre carré, tous deux administrés aux jours 1, 8 et 15 de cycles de 28 jours ; ou gemcitabine à 1000 mg par mètre carré plus carboplatin (dosé pour cibler une aire sous la courbe concentration-temps de 2 mg par millilitre par minute) administrés aux jours 1 et 8 de cycles de 21 jours. Le pembrolizumab a été administré à 200 mg au jour 1 de chaque cycle de 21 jours.

Les patients ont été répartis aléatoirement en groupes (stratifiés) lors de la randomisation en fonction de trois facteurs :

  1. Statut de la maladie : maladie métastatique au moment du diagnostic initial, rechute survenant entre 6 et 12 mois après la fin d'un traitement à visée curative, ou rechute survenant plus de 12 mois après la fin d'un traitement à visée curative
  2. Région géographique : Canada, États-Unis ou Europe occidentale versus le reste du monde
  3. Exposition antérieure à un agent anti-PD-1 ou anti-PD-L1 administré en traitement adjuvant ou néoadjuvant (avant ou après la chirurgie) : oui versus non

Le traitement a été poursuivi jusqu'à ce que la progression de la maladie soit confirmée par un examen central indépendant et aveugle (un panel indépendant de radiologues qui ne savaient pas quel traitement les patients avaient reçu), l'apparition d'effets secondaires inacceptables, le retrait du consentement ou le décès. Le pembrolizumab a été administré pendant un maximum de 35 cycles.

Il est important de noter que l'essai comprenait une phase de croisement. Les patients ayant reçu une chimiothérapie associée au pembrolizumab pouvaient recevoir le sacituzumab govitecan en monothérapie après confirmation de la progression de leur maladie, s'ils remplissaient les critères d'éligibilité.

L'objectif principal (la question principale à laquelle l'essai était conçu pour répondre) était la survie sans progression — la durée entre la randomisation et la croissance du cancer ou le décès du patient, selon la première éventualité, telle qu'évaluée par un examen central indépendant et aveugle.

Les objectifs secondaires clés comprenaient :

  • Survie globale (durée de vie des patients)
  • Réponse objective — si les tumeurs ont partiellement régressé ou ont complètement disparu
  • Durée de la réponse — durée pendant laquelle la régression tumorale a persisté
  • Délai avant la réponse — rapidité avec laquelle les tumeurs ont répondu au traitement
  • Sécurité

Les évaluations tumorales ont été réalisées par tomodensitométrie (TDM) ou imagerie par résonance magnétique (IRM) toutes les 8 semaines pendant les 18 premiers mois, puis toutes les 12 semaines jusqu'à la confirmation de la progression de la maladie. La réponse tumorale a été mesurée à l'aide des critères standard appelés RECIST version 1.1 (Response Evaluation Criteria in Solid Tumors).

L'essai était conçu pour inclure environ 440 patients. Pour l'analyse principale, 227 événements de progression de la maladie ou de décès permettraient d'atteindre une puissance de 90 % pour détecter un rapport de risque (hazard ratio) de 0,65 à un seuil de signification bilatéral de 5 %. L'essai a utilisé une approche de test hiérarchique pour contrôler le taux d'erreur global.

Qui a participé à l'étude

Un total de 443 patients ont été inclus entre le 17 octobre 2022 et le 21 août 2024. Parmi eux, 221 ont reçu du sacituzumab govitecan associé au pembrolizumab, et 222 ont reçu une chimiothérapie associée au pembrolizumab. Les deux groupes étaient bien équilibrés en termes de caractéristiques.

Les principales caractéristiques initiales comprenaient :

  • Âge médian : 54 ans (intervalle, 23 à 88) dans le groupe sacituzumab govitecan versus 55 ans (intervalle, 27 à 82) dans le groupe chimiothérapie
  • Âge de 65 ans ou plus : 58 patients (26 %) dans chaque groupe
  • Sexe féminin : 100 % des patients dans les deux groupes (221 et 222 patients, respectivement)
  • Race : Blanc — 139 (63 %) contre 118 (53 %) ; Asiatique — 43 (19 %) contre 63 (28 %) ; Amérindien ou natif d'Alaska — 14 (6 %) contre 13 (6 %) ; Noir — 13 (6 %) contre 11 (5 %) ; autre ou non spécifié — 12 (5 %) contre 17 (8 %)
  • Région géographique : Canada, États-Unis ou Europe de l'Ouest — 85 patients (38 %) dans chaque groupe ; reste du monde — 136 (62 %) contre 137 (62 %)
  • Statut fonctionnel ECOG : Un score de 0 (entièrement actif) a été observé chez 156 patients (71 %) contre 154 (69 %) ; un score de 1 (limité dans les activités physiques intenses mais capable de marcher et de faire un travail léger) chez 65 (29 %) contre 67 (30 %)
  • Statut PD-L1 positif : 100 % des patients dans les deux groupes, comme l'exigeaient les critères d'inclusion

Le statut de la maladie des patients au moment de l'inclusion était également similaire :

  • Métastatique au diagnostic initial : 75 patients (34 %) dans chaque groupe
  • Récidive dans les 6 à 12 mois après la fin d'un traitement à visée curative : 40 patients (18 %) dans chaque groupe
  • Récidive plus de 12 mois après la fin d'un traitement à visée curative : 106 (48 %) contre 107 (48 %)

Les sites métastatiques au début comprenaient les ganglions lymphatiques (159 [72 %] contre 154 [69 %]), les poumons (111 [50 %] contre 95 [43 %]), le foie (55 [25 %] contre 57 [26 %]), les os (61 [28 %] contre 45 [20 %]), le cerveau (8 [4 %] contre 6 [3 %]) et d'autres sites tels que la plèvre, la peau, les tissus mous, la paroi thoracique et les muscles (81 [37 %] contre 71 [32 %]).

Seul un petit nombre de patients avait précédemment reçu une thérapie anti-PD-1 ou anti-PD-L1 dans le cadre adjuvant ou néoadjuvant : 9 patients (4 %) dans le groupe sacituzumab govitecan et 11 patients (5 %) dans le groupe chimiothérapie, selon la base de données clinique.

Parmi les 220 patients ayant effectivement reçu la chimiothérapie plus pembrolizumab, 113 (51 %) ont reçu un taxane (paclitaxel ou nab-paclitaxel) et 107 (49 %) ont reçu gemcitabine plus carboplatin.

À la date de coupure des données du 3 mars 2025, le suivi médian était de 14,0 mois (intervalle, 0,1 à 28,6 mois).

Résultat clé : Temps plus long avant la progression du cancer

Le résultat principal de l'essai était clair : les patients recevant sacituzumab govitecan plus pembrolizumab ont connu une survie sans progression significativement plus longue que ceux recevant chimiothérapie plus pembrolizumab.

  • Survie sans progression médiane : 11,2 mois (intervalle de confiance [IC] à 95 %, 9,3 à 16,7) avec sacituzumab govitecan plus pembrolizumab contre 7,8 mois (IC à 95 %, 7,3 à 9,3) avec chimiothérapie plus pembrolizumab
  • Hazard ratio pour la progression de la maladie ou le décès : 0,65 (IC à 95 %, 0,51 à 0,84 ; P bilatéral < 0,001)

Un hazard ratio de 0,65 signifie que les patients du groupe sacituzumab govitecan avaient un risque réduit de 35 % de voir leur cancer progresser ou de mourir à tout moment par rapport au groupe chimiothérapie. La valeur P inférieure à 0,001 signifie qu'il y a moins d'une chance sur 1 000 que ce résultat soit dû au hasard — un résultat considéré comme hautement statistiquement significatif.

En termes absolus : à 6 mois, environ 72 patients sur 100 (72 %, IC à 95 % 65–77) dans le groupe sacituzumab govitecan étaient vivants sans progression de la maladie, contre 63 sur 100 (63 %, IC à 95 % 56–69) dans le groupe chimiothérapie. À 12 mois, l'écart était plus important : environ 48 sur 100 (48 %, IC à 95 % 41–56) contre 33 sur 100 (33 %, IC à 95 % 26–40).

Les résultats étaient cohérents lorsque les médecins (plutôt que les évaluateurs centraux aveugles) ont évalué la progression. La survie sans progression médiane évaluée par l'investigateur était de 11,3 mois (IC à 95 %, 9,2 à 14,6) avec sacituzumab govitecan plus pembrolizumab contre 8,3 mois (IC à 95 %, 7,3 à 9,3) avec chimiothérapie plus pembrolizumab (hazard ratio, 0,67 ; IC à 95 %, 0,52 à 0,87).

Le bénéfice en termes de survie sans progression était constant dans tous les sous-groupes de patients prédéfinis, y compris ceux définis selon l'âge, le statut de la maladie et la région géographique.

Un total de 109 événements de progression de la maladie ou de décès sont survenus dans le groupe sacituzumab govitecan, contre 140 dans le groupe chimiothérapie.

Au moment de l'analyse principale, les données de survie globale n'étaient pas encore matures. Seuls 26 % du nombre total de patients étaient décédés, et la médiane de survie globale n'avait pas été atteinte dans aucun des groupes. Cela signifie que l'essai est toujours en cours, et qu'un suivi plus long sera nécessaire pour déterminer si la nouvelle combinaison prolonge la vie globalement.

Il convient de noter que 119 patients qui ont arrêté la chimiothérapie plus pembrolizumab ont reçu un traitement ultérieur. Parmi eux, 96 patients (81 %) ont reçu le sacituzumab govitecan comme prochaine thérapie anticancéreuse par le biais de la phase de croisement. Ce croisement peut affecter la comparaison finale de la survie globale, car de nombreux patients du groupe chimiothérapie ont finalement reçu le médicament expérimental.

Davantage de patients dans le groupe sacituzumab govitecan continuaient toujours leur traitement au moment de l'analyse des données : 95 patients (43 %) contre 52 patients (23 %). Les raisons les plus courantes d'arrêt du sacituzumab govitecan ou de la chimiothérapie étaient la progression de la maladie (chez 37 % versus 55 % des patients) et les effets indésirables (chez 8 % versus 18 %). Pour le pembrolizumab spécifiquement, les raisons les plus courantes d'interruption étaient la progression de la maladie (37 % versus 58 %) et les effets indésirables (10 % versus 14 %).

Résultat clé : Rétrécissement de la tumeur et durée de la réponse

Le taux de réponse objective — le pourcentage de patients dont les tumeurs ont diminué partiellement ou ont disparu complètement — était plus élevé avec la combinaison sacituzumab govitecan :

  • Taux de réponse objective : 60 % (IC à 95 %, 53 à 66) avec sacituzumab govitecan plus pembrolizumab versus 53 % (IC à 95 %, 46 à 60) avec chimiothérapie plus pembrolizumab

En termes absolus, cela signifie qu'environ 60 patients sur 100 dans le groupe sacituzumab govitecan ont vu leurs tumeurs diminuer, contre environ 53 sur 100 dans le groupe chimiothérapie.

Peut-être encore plus important, parmi les patients dont les tumeurs ont répondu au traitement, la réponse a duré nettement plus longtemps :

  • Durée médiane de la réponse : 16,5 mois (IC à 95 %, 12,7 à 19,5) avec sacituzumab govitecan plus pembrolizumab versus 9,2 mois (IC à 95 %, 7,6 à 11,3) avec chimiothérapie plus pembrolizumab

Cela signifie que lorsque le cancer a répondu à la nouvelle combinaison, la réponse a duré une médiane de plus de 16 mois — près de deux fois plus longtemps que les réponses dans le groupe chimiothérapie.

Sécurité et effets secondaires

Les deux combinaisons de traitement ont provoqué des effets secondaires, et les taux globaux d'effets secondaires graves étaient similaires entre les deux groupes. Le profil de sécurité observé dans cet essai est cohérent avec ce qui est déjà connu sur ces médicaments grâce aux études antérieures.

  • Événements indésirables de grade 3 ou supérieur (effets secondaires graves nécessitant une intervention médicale) : survenus chez 71 % des patients recevant sacituzumab govitecan plus pembrolizumab versus 70 % de ceux recevant chimiothérapie plus pembrolizumab
  • Interruption du traitement en raison d'effets indésirables : 12 % dans le groupe sacituzumab govitecan versus 31 % dans le groupe chimiothérapie
  • Événements indésirables ayant conduit au décès : 3 % dans chaque groupe

Un résultat notable est que les patients recevant la chimiothérapie plus pembrolizumab étaient plus de deux fois plus susceptibles d'arrêter le traitement en raison d'effets secondaires (31 % versus 12 %). Cela suggère que la combinaison sacituzumab govitecan pourrait être mieux tolérée globalement, malgré des taux similaires d'effets secondaires graves.

Les événements indésirables ont été codés selon le Medical Dictionary for Regulatory Activities (MedDRA) version 27.1 et classés selon les critères communs de terminologie pour les événements indésirables du National Cancer Institute (CTCAE) version 5.0. La relation de chaque événement avec les médicaments de l'essai a été évaluée par l'investigateur.

Les patients devraient discuter des profils spécifiques d'effets secondaires — y compris les effets secondaires courants tels que la diarrhée, la baisse du nombre de globules blancs (neutropénie), les nausées et la fatigue — avec leur équipe d'oncologie. La publication de l'essai se concentre sur les taux globaux de sécurité ; des listes détaillées des effets secondaires sont incluses dans le supplément.

Ce que cela signifie pour les patients

Cet essai fournit des preuves solides que le sacituzumab govitecan associé au pembrolizumab constitue un traitement de première ligne plus efficace que la chimiothérapie standard associée au pembrolizumab pour les patients atteints d'un cancer du sein triple négatif avancé et positif au PD-L1. Ce bénéfice a été observé dans une population internationale et diversifiée de patients traités dans 186 centres à travers 28 pays.

Les principaux enseignements pour les patients sont :

  • Une survie sans progression améliorée : La nouvelle combinaison a retardé la croissance du cancer en moyenne de 3,4 mois supplémentaires par rapport au traitement standard (11,2 mois contre 7,8 mois). Un suivi plus long permettra de déterminer si cela se traduit par une survie globale plus longue.
  • Des réponses plus durables : Lorsque les tumeurs ont répondu au traitement, elles sont restées sous contrôle presque deux fois plus longtemps avec le sacituzumab govitecan (16,5 mois contre 9,2 mois). Cette durabilité peut être plus importante que le taux de réponse initial.
  • Moins d'arrêts de traitement : Seuls 12 % des patients ont arrêté la combinaison sacituzumab govitecan en raison d'effets secondaires, contre 31 % dans le groupe chimiothérapie — un aspect potentiellement important pour la qualité de vie.
  • Une option de traitement significative : Le sacituzumab govitecan est déjà approuvé et disponible pour le traitement en deuxième intention ou ultérieure du cancer du sein triple négatif métastatique. Son utilisation plus tôt dans l'évolution de la maladie, en combinaison avec le pembrolizumab, pourrait devenir une nouvelle norme de soins.

Pour les patients nouvellement diagnostiqués d'un cancer du sein triple négatif avancé et positif au PD-L1, cette étude soutient la discussion avec votre oncologue concernant le sacituzumab govitecan associé au pembrolizumab comme option potentielle de traitement de première ligne.

Limites de l'étude

Tout essai clinique comporte des limites, et il est important pour les patients de comprendre ce que cette étude pouvait et ne pouvait pas démontrer.

  • Les données de survie globale sont immatures. Seuls 26 % des patients étaient décédés au moment de la coupure des données, et la médiane de survie globale n'a pas été atteinte dans aucun des groupes. Il reste inconnu si la nouvelle combinaison améliore la durée de vie des patients, et pas seulement la durée sans progression du cancer.
  • Le croisement peut diluer les différences de survie. Parce que 81 % des patients du groupe chimiothérapie ayant reçu un traitement ultérieur ont ensuite reçu du sacituzumab govitecan, toute différence éventuelle de survie globale entre les deux groupes pourrait être plus faible que le véritable bénéfice du médicament.
  • L'essai était en ouvert. Les patients et les médecins savaient quel traitement était administré. Bien que l'objectif principal ait été évalué par un comité central d'évaluation aveugle indépendant (ce qui réduit le biais), les designs en ouvert peuvent encore influencer les résultats rapportés par les patients et les décisions de prise en charge.
  • La population était limitée aux patients positifs au PD-L1. Ces résultats s'appliquent uniquement aux patients dont les tumeurs ont un score combiné positif (CPS) de 10 ou plus. Ils ne s'appliquent pas aux environ 60 % des patients atteints d'un cancer du sein triple négatif dont les tumeurs sont négatives au PD-L1.
  • Seules des patientes femmes ont été incluses. Bien que le cancer du sein triple négatif survienne de manière écrasante chez les femmes, les résultats peuvent ne pas s'appliquer pleinement aux rares patients hommes atteints de cette maladie.
  • Aucune donnée sur la qualité de vie liée à la santé n'a été rapportée dans cette publication. Les résultats rapportés par les patients ont été collectés mais ne sont pas inclus dans ce rapport, nous ne pouvons donc pas encore évaluer si la survie sans progression plus longue se traduit par une meilleure qualité de vie.
  • Les intervalles de confiance à 95 % pour les objectifs secondaires (tels que le taux de réponse et la durée de la réponse) n'ont pas été ajustés pour les comparaisons multiples, ce qui signifie que ces résultats doivent être interprétés avec une certaine prudence.

Questions à poser à votre médecin

Si vous ou un proche avez été diagnostiqué d'un cancer du sein triple négatif avancé et positif au PD-L1, cette recherche peut être pertinente pour vos discussions sur le traitement. Envisagez de poser les questions suivantes à votre équipe oncologique :

  1. Ma tumeur est-elle positive au PD-L1 ? — Demandez votre score combiné positif (CPS) et s'il est de 10 ou plus, car cet essai n'a inclus que des patients avec un CPS de 10 ou supérieur.
  2. La sacituzumab govitecan associée au pembrolizumab serait-elle un traitement de première ligne approprié pour moi ? — Cette association n'est pas encore universellement approuvée, la disponibilité et la prise en charge par l'assurance peuvent donc varier selon les régions.
  3. Quels sont les effets indésirables attendus ? — Renseignez-vous spécifiquement sur la diarrhée, la baisse des comptes sanguins, les nausées, la fatigue et les effets indésirables liés à l'immunité dus au pembrolizumab, ainsi que sur leur prise en charge.
  4. Quelles options de chimiothérapie recevrais-je autrement ? — L'essai a comparé la nouvelle association aux traitements à base de taxanes ou à la gemcitabine–carboplatin ; demandez donc comment ces derniers se comparent dans votre situation.
  5. Existe-t-il un essai clinique auquel je pourrais être éligible ? — Si cette association n'est pas encore approuvée dans votre région, un essai clinique pourrait constituer une voie d'accès à ce traitement.
  6. Quelles sont mes options si le premier traitement cesse de fonctionner ? — Dans cet essai, les patients pouvaient recevoir de la sacituzumab govitecan après progression ; renseignez-vous donc sur l'enchaînement des traitements.

Les résultats de cet essai sont encourageants, mais les décisions thérapeutiques restent toujours personnelles. Votre équipe médicale peut vous aider à peser les bénéfices potentiels par rapport aux risques en fonction de votre situation spécifique.

Questions fréquemment posées

Qu'est-ce que le cancer du sein triple négatif et pourquoi est-il difficile à traiter ?

Le cancer du sein triple négatif (CSTN) est un sous-type agressif qui manque des récepteurs des œstrogènes, de la progestérone et du HER2, ce qui rend les thérapies hormonales ou ciblant le HER2 inefficaces. Environ 40 % des cas de CSTN sont positifs pour le PD-L1, c'est-à-dire qu'ils expriment une protéine pouvant être ciblée par l'immunothérapie. Cela rend le traitement difficile, mais de nouvelles associations sont à l'étude.

Qui était éligible à cet essai clinique ?

L'essai a inclus des adultes atteints d'un cancer du sein triple négatif avancé, positif pour le PD-L1 (score CPS de 10 ou plus), n'ayant pas reçu de traitement antérieur pour la maladie avancée, et présentant soit un caractère métastatique, soit une extension locale inopérable. Les patients devaient avoir un statut triple négatif confirmé et aucun traitement antérieur pour la maladie avancée. Les femmes et les hommes étaient éligibles, mais seules des femmes ont été incluses.

Quels ont été les principaux résultats de l'essai ?

Dans l'essai portant sur 443 patients, ceux recevant la sacituzumab govitecan associée au pembrolizumab ont survécu sans progression du cancer pendant une médiane de 11,2 mois, contre 7,8 mois pour ceux recevant la chimiothérapie associée au pembrolizumab. Cela représente une réduction de 35 % du risque de progression ou de décès, et la différence était hautement significative sur le plan statistique.

Quels effets indésirables ont été observés avec la nouvelle association ?

Des effets indésirables sévères (de grade 3 ou supérieur) sont survenus chez 71 % des patients recevant la sacituzumab govitecan associée au pembrolizumab, contre 70 % de ceux recevant la chimiothérapie associée au pembrolizumab. Cependant, moins de patients ont arrêté le traitement en raison d'effets indésirables avec la nouvelle association (12 % contre 31 %). Les effets indésirables courants comprenaient la diarrhée, la baisse des comptes de globules blancs, les nausées et la fatigue.

Ce nouveau traitement est-il disponible actuellement ?

La sacituzumab govitecan est déjà approuvée pour le traitement de deuxième ou troisième intention du cancer du sein triple négatif métastatique, mais son utilisation en association avec le pembrolizumab en première ligne n'est pas encore universellement approuvée. La disponibilité et la prise en charge par l'assurance peuvent varier selon les régions ; les patients devraient en discuter avec leur oncologue et envisager des essais cliniques si ce traitement n'est pas approuvé.

Quelles sont les limites de cette étude ?

Les données de survie globale ne sont pas encore matures, il est donc inconnu si la nouvelle association améliore la durée de vie des patients. L'essai était en ouvert, et de nombreux patients du groupe chimiothérapie ont ensuite reçu de la sacituzumab govitecan, ce qui peut atténuer les différences de survie. Les résultats s'appliquent uniquement aux patients positifs pour le PD-L1 avec un score CPS de 10 ou plus.

Je suis atteint d'un cancer du sein triple négatif avancé positif pour le PD-L1 et mon médecin recommande la sacituzumab govitecan associée au pembrolizumab en première ligne. Devrais-je obtenir un second avis avant de commencer ?

Un deuxième avis peut aider à confirmer que le sacituzumab govitecan associé au pembrolizumab est le meilleur choix en première ligne pour votre cancer du sein triple négatif avancé et PD-L1 positif. Cet essai a montré qu'il retarde la progression de la tumeur plus longtemps que la chimiothérapie associée au pembrolizumab (médiane de 11,2 contre 7,8 mois) et que les réponses durent près de deux fois plus longtemps. Cependant, les données de survie globale ne sont pas encore matures, et cette association n'est peut-être pas approuvée ou prise en charge par tous les systèmes de santé. Un deuxième avis peut également clarifier les effets secondaires et les options alternatives. Diagnostic Detectives Network fournit des deuxièmes avis d'experts indépendants.

Informations sur la source

Original article: "Sacituzumab Govitecan plus Pembrolizumab for Advanced Triple-Negative Breast Cancer" by S.M. Tolaney, E. de Azambuja, K. Kalinsky, S. Loi, S.-B. Kim, C. Yam, B. Rapoport, S.-A. Im, B. Pistilli, W. Mchayleh, D.W. Cescon, J. Watanabe, M.A.L. Bañuelas, R. Freitas-Junior, J. Salvador Bofill, M. Afshari, D. Gary, L. Wang, C. Lai, and P. Schmid, for the ASCENT-04/KEYNOTE-D19 Clinical Trial Investigators.

Publication: The New England Journal of Medicine, 2026; volume 394, pages 354–366. DOI: 10.1056/NEJMoa2508959.

Trial registration: ClinicalTrials.gov number NCT05382286. Funded by Gilead Sciences, conducted in collaboration with Merck Sharp and Dohme (a subsidiary of Merck).

Cet article, rédigé dans un langage accessible aux patients, est basé sur des recherches publiées dans The New England Journal of Medicine. Il est destiné à des fins éducatives et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours votre équipe soignante pour le diagnostic et les options de traitement.