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Les hommes jeunes présentant des niveaux intermédiaires de PSA devraient-ils attendre plus longtemps entre les dépistages du cancer de la prostate ? Résultats du nouvel essai PROBASE

25 min
Original medical illustration for: Should Young Men with Intermediate PSA Levels Wait Longer Between Prostate Cancer Screenings? New PROBASE Trial Findings

Sommaire

Points clés

  • Dans l'essai PROBASE, les hommes de 45 ans présentant des niveaux intermédiaires de PSA (1,5–2,99 ng/ml) peuvent probablement passer à des intervalles de dépistage de 5 ans.
  • Seulement 0,8 % des hommes à risque intermédiaire (13 sur 1 661) ont présenté un cancer de la prostate agressif (groupes de grade 3 à 5) au cours des 5 ans.
  • 78 % de toutes les biopsies dans ce groupe n'ont trouvé aucun cancer ou seulement un cancer bénin de bas grade, remettant en question la fréquence des dépistages.
  • L'IRM n'est pas un test fiable avant la biopsie chez les hommes jeunes car elle manque souvent les cancers de la prostate de bas et intermédiaire grade.
  • Parmi les 13 hommes sous surveillance active pour un cancer de la prostate de groupe de grade 1 ou 2 dans PROBASE qui ont ensuite subi l'ablation de la prostate, aucun n'avait de métastase au moment de la chirurgie.

Pourquoi cette recherche est importante

Le cancer de la prostate est l'un des cancers les plus fréquemment diagnostiqués chez les hommes, mais tous les cancers de la prostate ne se valent pas. Certains poussent de manière agressive et peuvent se propager, tandis que d'autres restent bénins pendant des décennies sans jamais provoquer de symptômes ni menacer la vie d'un homme. Le défi pour les médecins et les patients est de distinguer ces deux types — et d'éviter un traitement inutile pour les cancers inoffensifs.

Les programmes de dépistage actuels du cancer de la prostate manquent de spécificité. Cela signifie que les tests sanguins traditionnels de l’antigène prostatique spécifique (PSA) peuvent indiquer à des hommes la nécessité d’examens complémentaires, même en l’absence de cancer dangereux. Même les programmes de dépistage adapté au risque modernes, tels que le programme de dépistage organisé du cancer de la prostate (OPT) en Suède, entraînent encore des examens diagnostiques inutiles et un surdiagnostic. Le surdiagnostic se produit lorsqu’un cancer est détecté alors qu’il n’aurait jamais provoqué de symptômes ni entraîné de décès — mais une fois découvert, il conduit souvent à de l’anxiété et potentiellement à des traitements inutieux tels que la chirurgie ou la radiothérapie.

Les directives de l'Association européenne d'urologie (EAU) recommandent désormais la surveillance active (surveillance étroite d'un cancer plutôt que son traitement immédiat) pour le cancer de la prostate de groupe de grade 1 (GG1), et cette approche peut également être recommandée pour le cancer GG2 lorsqu'aucune caractéristique pathologique défavorable n'est présente. La surveillance active implique généralement des tests PSA réguliers, des biopsies répétées et parfois des IRM, le traitement étant réservé aux cancers qui montrent des signes de progression.

Cela soulève une question fondamentale : si nous savons que les cancers de la prostate de bas grade et même certains de grade intermédiaire sont à croissance lente avec un faible potentiel métastatique, pourquoi les détectons-nous précocement par un dépistage agressif ? C'est la question à laquelle l'essai PROBASE a cherché à répondre pour les hommes jeunes, et les résultats ont des implications directes sur la fréquence à laquelle les hommes devraient être dépistés.

Comprendre l'essai de dépistage PROBASE

PROBASE (qui signifie « Essai de dépistage du cancer de la prostate chez les hommes jeunes ») est un grand essai randomisé allemand en cours, financé par Stiftung Deutsche Krebshilfe (la Fondation allemande d'aide au cancer). Il a été conçu pour répondre à des questions clés sur la manière et le moment de dépister le cancer de la prostate chez les hommes plus jeunes, en particulier ceux à partir de l'âge de 45 ans.

La justification du début du dépistage à l'âge de 45 ans provient de l'étude de Malmö, un projet de recherche suédois marquant. Cette étude a démontré qu'une seule mesure PSA prise à l'âge de 45 ans avait un pouvoir pronostique beaucoup plus élevé pour prédire le cancer de la prostate métastatique 25 ans plus tard par rapport aux mesures PSA de base prises à des âges plus avancés. En d'autres termes, un test PSA à 45 ans peut vous en dire beaucoup sur le risque futur d'un homme — faisant de cet âge un point de contrôle idéal pour établir une valeur de référence.

Lors du premier tour de dépistage de PROBASE, 23 301 participants ont été dépistés. Parmi eux, seuls 48 cancers de la prostate ont été détectés — un taux de détection de seulement 0,2 % — et quatre de ces 48 cancers étaient de GG3 ou plus. Ce taux de détection très faible chez les hommes jeunes a lui-même suscité des débats sur le fait de savoir si le dépistage devrait commencer à l'âge de 45 ans, mais la valeur pronostique à long terme du test PSA précoce peut le justifier.

L'essai PROBASE utilise une approche de dépistage adaptée au risque. Les hommes sont classés selon leur niveau PSA à la base :

  • Risque faible : PSA inférieur à 1,5 ng/ml — recommandé de revenir pour un dépistage répété après 5 ans
  • Risque intermédiaire : PSA compris entre 1,5 et 2,99 ng/ml — actuellement recommandé de revenir tous les 2 ans
  • Risque élevé : PSA de 3 ng/ml ou plus — orienté vers une évaluation complémentaire, y compris une biopsie

Ce groupe à risque intermédiaire est loin d'être négligeable en taille. Il représente 9,8 % de la population de dépistage PROBASE à la base, et dans le programme suédois OPT — qui utilise une limite de risque intermédiaire légèrement inférieure de 1,0–2,99 ng/ml — il représente un contingent substantiel de 32 % de tous les hommes dépistés. Cela signifie que les décisions concernant la prise en charge des hommes à risque intermédiaire affectent un très grand nombre d'individus et ont des implications majeures pour les ressources de santé.

Comment l'étude a été menée

Cette analyse s'est concentrée spécifiquement sur le groupe à risque intermédiaire (PSA 1,5–2,99 ng/ml) de l'essai PROBASE. Au moment de l'inscription à l'étude, 2 290 hommes entraient dans cette catégorie. Depuis, quatre hommes se sont retirés de l'étude avec effacement complet des données, laissant 2 286 hommes évaluables.

Les chercheurs ont analysé les données des hommes ayant participé à jusqu'à deux tours de dépistage biennaux (tous les 2 ans). Cela comprenait le tour de dépistage à 2 ans et le tour de dépistage à 4 ans (qui est le deuxième tour biennal). L'analyse a été limitée aux cinq premières années de l'étude (jusqu'à l'âge de 50 ans), et tout test de dépistage PSA ou diagnostic de cancer de la prostate survenant plus de 5 ans après la base a été exclu.

Voici le détail de la participation :

  • 1 628 hommes (71 % des 2 286 éligibles) ont respecté la première phase de dépistage de 2 ans
  • Parmi eux, 131 sont passés au statut « haut risque » PROBASE à l'issue de ces deux ans
  • 1 530 hommes qui n'étaient pas encore passés au statut haut risque ont complété la deuxième phase de dépistage, à quatre ans
  • 116 hommes supplémentaires sont passés au statut haut risque à l'issue des quatre ans
  • Au total, 1 661 hommes étaient évaluables pour cette analyse (environ 73 % du groupe intermédiaire éligible)

Les biopsies ont été réalisées lorsque l’homme présentait un taux de PSA confirmé supérieur ou égal à 3 ng/ml lors d’un des dépistages. Il est important de noter que l’indication de la biopsie reposait uniquement sur le taux de PSA confirmé — l’IRM n’a pas été utilisée comme test de tri (pré-dépistage) avant la biopsie, contrairement à certains autres protocoles. Chaque biopsie prostatique comprenait à la fois une biopsie ciblée guidée par IRM et une biopsie systématique afin de maximiser les chances de détecter tout cancer significatif.

Les chercheurs ont examiné la répartition des groupes de grade de tous les cancers détectés, le moment des diagnostics par rapport à la mesure initiale du PSA et ce qui se produirait si l'intervalle de dépistage était prolongé de 2 ans à 5 ans pour ce groupe intermédiaire à risque.

Principaux résultats : ce que les biopsies ont révélé

Au cours des phases de dépistage de 2 et 4 ans, un total de 159 biopsies ont été réalisées parmi les hommes à risque intermédiaire — soit 10 % des 1 661 hommes évalués. Les résultats de ces biopsies sont frappants.

Parmi les 159 biopsies :

  • 100 étaient négatives pour le cancer (63 % de toutes les biopsies ; 6,0 % de la population dépistée)
  • 59 ont révélé un cancer de la prostate (37 % de toutes les biopsies ; 3,6 % de la population dépistée)

Lorsque les biopsies positives ont été détaillées par groupe de grade, la répartition était la suivante :

  • Groupe de grade 1 (GG1) : 22 cas (37 % des biopsies positives ; 1,3 % de la population dépistée)
  • Groupe de grade 2 (GG2) : 24 cas (41 % des biopsies positives ; 1,4 % de la population dépistée)
  • Groupe de grade 3 (GG3) : 8 cas (14 % des biopsies positives ; 0,5 % de la population dépistée)
  • Groupe de grade 4 (GG4) : 3 cas (5 % des biopsies positives ; 0,2 % de la population dépistée)
  • Groupe de grade 5 (GG5) : 2 cas (3 % des biopsies positives ; 0,1 % de la population dépistée)

Le moment des biopsies est également instructif. Le tableau ci-dessous indique quand les cancers ont été détectés par rapport à la mesure de base du PSA :

  • 2 à <3 ans après la référence : 85 biopsies réalisées, 33 positives (13 GG1, 16 GG2, 2 GG3, 1 GG4, 1 GG5)
  • 3 à <4 ans après la baseline : 11 biopsies réalisées, 4 positives (0 GG1, 3 GG2, 0 GG3, 1 GG4, 0 GG5)
  • 4 à <5 ans après la baseline : 63 biopsies réalisées, 22 positives (9 GG1, 5 GG2, 6 GG3, 1 GG4, 1 GG5)

En examinant spécifiquement les cancers agressifs, six cas de GG3 ont été détectés lors du cycle de dépistage à 2 ans (taux de détection 6/1661 = 0,4 %) et sept cas de GG3 lors du cycle à 4 ans (taux de détection 7/1661 = 0,4 %). Le nombre total d'hommes atteints d'une maladie agressive (GG3 ou plus) s'élevait à seulement 13 sur 1 661 — soit un taux de 0,8 %.

Ce qui est le plus important pour la question de l'intervalle de dépistage : la proportion combinée d'hommes atteints de cancers GG1 (à croissance lente, essentiellement inoffensifs) ou GG2 (risque intermédiaire favorable) représentait 78 % de toutes les biopsies positives (46 sur 59). Cela signifie que plus des trois quarts des cancers détectés dans ce groupe à risque intermédiaire étaient de types pour lesquels les recommandations de surveillance active indiquent qu'un traitement immédiat peut ne pas être nécessaire.

Comprendre les groupes de grade et le risque de cancer de la prostate

Pour les patients qui lisent ceci, il est utile de comprendre ce que signifient les groupes de grade. Les groupes de grade sont un système permettant de classer l'apparence anormale des cellules cancéreuses de la prostate observée au microscope par rapport aux cellules prostatiques normales — un grade plus élevé signifie que les cellules apparaissent plus anormales et que le cancer est plus susceptible de croître et de se propager.

Le système de groupes de grade de la Société internationale de pathologie urologique (ISUP) va de 1 à 5 :

  • Groupe de grade 1 : Les cellules cancéreuses ressemblent beaucoup aux cellules normales. Ces cancers sont à croissance lente et ont très peu de risques de se propager. La surveillance active est la recommandation standard.
  • Groupe de grade 2 : Des cellules légèrement plus anormales. Ceux-ci sont considérés comme des cancers « à risque intermédiaire favorable ». Une surveillance active peut être recommandée s'il n'y a pas de caractéristiques défavorables.
  • Groupe de grade 3–5 : Des cancers de plus en plus agressifs avec un risque plus élevé de croissance, de propagation et de devenir mortels. Ce sont les cancers que les programmes de dépistage sont conçus pour détecter.

Dans cette étude, 78 % des biopsies positives étaient GG1 ou GG2 — des cancers à croissance lente et ayant un faible potentiel métastatique (faible risque de propagation à d'autres parties du corps). Cette découverte est au cœur du débat : soumettons-nous les jeunes hommes à des procédures invasives pour détecter des cancers qui pourraient ne jamais leur nuire ?

Et les cancers du groupe de grade 2 ?

Le groupe de grade 2 était le cancer le plus fréquent dans le groupe intermédiaire à risque PROBASE, représentant 41 % des cancers de la prostate détectés. Cela est cohérent avec d'autres programmes de dépistage : la proportion de cancers GG2 détectés par le dépistage basé sur l'PSA varie de 44,5 % dans le programme suédois OPT (âge de départ 50 ans) à 60,4 % dans PROBASE (âge de départ 45 ans), tous deux utilisant un seuil d'PSA de 3 ng/ml pour la biopsie.

La question clé est : la détection et le traitement précoces des cancers GG2 sauvent-ils réellement des vies ? Les preuves provenant de multiples sources suggèrent que non. L'essai ProtecT (une grande étude britannique) a suivi des hommes atteints d'un cancer de la prostate pendant 15 ans et n'a trouvé aucune différence dans la survie sans métastase ou la survie globale entre les hommes atteints d'une maladie GG2 et ceux atteints d'une maladie GG1, qu'ils aient reçu une surveillance active, une chirurgie ou une radiothérapie. Bien que le taux de métastase ait été plus élevé dans le groupe de surveillance active par rapport au groupe de traitement actif, cela ne s'est pas traduit par une différence de survie à 15 ans.

Les auteurs de cette étude font une observation critique : puisque les cancers GG2 se comportent de manière similaire aux cancers GG1 en termes de résultats de survie, ils sont peu susceptibles de progresser significativement si le diagnostic est retardé de quelques années. En bref, un cancer qui est véritablement GG2 — sans composants agressifs cachés — n'est pas une urgence. La probabilité que ces cancers progressent si le diagnostic est retardé de quelques années est très faible.

Surveillance active : preuves de PROBASE

Des preuves supplémentaires soutenant une approche plus détendue envers les cancers GG2 proviennent des données de surveillance active au sein même de PROBASE. Parmi les patients ayant subi une surveillance active après un diagnostic de cancer de la prostate GG1 ou GG2 (représentant 30 % de tous les cas GG1 et GG2 dans l'essai), les résultats étaient rassurants.

Sur les 91 patients en surveillance active, 20 % avaient un cancer de la prostate GG2. Après une survie sans traitement moyenne de 24 mois :

  • Seul 1 des 13 hommes ayant finalement subi une prostatectomie radicale (ablation chirurgicale de la prostate) présentait des caractéristiques pathologiques défavorables (spécifiquement, pT3, ce qui signifie que le cancer avait commencé à pénétrer la capsule prostatique)
  • Aucun de ces hommes ne présentait de métastase au moment de la chirurgie
  • 12 des 13 hommes suivis par mesure de PSA n’ont pas connu de récidive biochimique (une augmentation du PSA suggérant que le cancer pourrait être revenu)

Cela suggère que même lorsque les hommes en surveillance active finissent par nécessiter une chirurgie, les résultats sont généralement excellents — et un délai de quelques années dans le diagnostic de ces cancers est peu susceptible de compromettre le succès du traitement. Les résultats bénéfiques de la surveillance active chez les patients GG2 sont davantage étayés par l'essai PRIAS et d'autres études de cohorte européennes.

Les arguments en faveur d'intervalles de dépistage de 5 ans

Alors, que se passerait-il si l'intervalle de dépistage pour les hommes à risque intermédiaire était prolongé de 2 ans à 5 ans, correspondant à l'intervalle actuellement utilisé pour les hommes à faible risque ? Les chercheurs ont analysé les chiffres, et les avantages sont substantiels.

Tout d'abord, l'allongement de l'intervalle permettrait d'éviter de nombreuses invitations aux dépistages et des tests PSA pour les deux cycles de dépistage biennal. Les gains logistiques et financiers liés à la suppression de ces tests pour environ 10 % de l'ensemble de la population soumise au dépistage seraient significatifs pour tout système de santé.

Deuxièmement, 60 % des biopsies négatives pourraient être évitées ou retardées. Dans cette étude, cela représente 100 hommes ayant subi une procédure de biopsie invasive — avec ses risques de douleur, de saignement, d'infection et d'anxiété — seulement pour apprendre qu'ils n'avaient pas de cancer.

Troisièmement, le surdiagnostic du cancer de la prostate GG1 pourrait être évité chez 32 à 39 % des hommes. Dans cette cohorte, cela représente 22 hommes diagnostiqués avec un cancer inoffensif qui n'aurait jamais provoqué de symptômes ni entraîné de décès, mais qui nécessitera désormais une surveillance et pourra générer de l'anxiété ainsi que potentiellement des traitements inutiles.

En les additionnant, 122 des 159 interventions invasives (78 %) ont donné lieu à des « résultats indésirables » — soit une biopsie négative, soit la détection d’un cancer GG1. Les auteurs soulignent que cette forte proportion d’interventions aux résultats indésirables « remet en question la légitimité de cette pratique ».

Mais quel est le coût de cette approche ? Si les hommes à risque intermédiaire étaient dépistés tous les 5 ans au lieu de tous les 2 ans, 22 % des cancers agressifs (GG3) ne seraient pas détectés lors du cycle de dépistage de 2 ans. Leur diagnostic serait plutôt retardé : d’un an pour les cancers qui auraient été détectés lors du cycle de dépistage à 4 ans, ou de trois ans pour ceux qui auraient été découverts lors du cycle de dépistage à 2 ans.

Le nombre absolu de ces cas est très faible. Seuls 13 des 1 661 hommes (0,8 %) du groupe de risque intermédiaire entier présentaient un cancer de la prostate de GG3–5. Le rendement de détection d’un cancer agressif était extrêmement faible lors des deux tours de dépistage — seulement 0,4 % à chaque tour. En d’autres termes, dépister 1 661 hommes tous les 2 ans pendant 5 ans ne permettrait de détecter qu’environ 13 cancers agressifs qui auraient été retardés par un intervalle de 5 ans. Pour ces 13 hommes, le diagnostic aurait été retardé de 1 à 3 ans.

Pourquoi l'IRM n'est pas une solution simple

On pourrait se demander : l'IRM pourrait-elle aider à identifier quels hommes ont vraiment besoin d'une biopsie, résolvant ainsi le problème du surdiagnostic ? Malheureusement, les preuves de PROBASE suggèrent que l'IRM n'est pas une solution fiable dans cette tranche d'âge.

La détection des cancers de la prostate GG1 et GG2 par IRM est difficile chez les hommes jeunes. Les auteurs notent que l’IRM ne semble pas être un examen de référence fiable pour détecter les cancers de grade faible et intermédiaire dans cette population. Cela signifie que s’en remettre à l’IRM pour trier quels hommes doivent subir une biopsie pourrait passer à côté d’un nombre important des cancers que le dépistage est conçu à trouver — ou, à l’inverse, pourrait encore signaler de nombreux cancers inoffensifs. L’IRM a une capacité limitée à visualiser les tumeurs de grade faible dans la prostate, en particulier chez les hommes plus jeunes qui peuvent présenter moins de caractéristiques distinctives sur les images.

Limites de l'étude

Comme pour toute recherche, il est important de comprendre ce que cette étude pouvait et ne pouvait pas prouver. Les auteurs reconnaissent plusieurs limites importantes :

Période de suivi courte. Cette analyse s'est limitée aux cinq premières années de l'étude (jusqu'à 50 ans). Le cancer de la prostate est une maladie qui peut mettre des décennies à devenir cliniquement significatif, un suivi plus long est donc nécessaire pour confirmer que le diagnostic tardif des cancers GG3–5 ne conduit pas à de moins bons résultats à long terme. Les chercheurs prévoient de continuer à suivre ces hommes.

Considérations sur la taille de l'échantillon. Bien que 1 661 hommes constituent une cohorte importante, le nombre de cancers agressifs (13 au total) est très faible. Cela rend difficile le tirage de conclusions définitives concernant ce qui se passe pour les hommes atteints d'un cancer GG3–5 dont le diagnostic est retardé.

Taux de participation. Seuls 73 % des hommes éligibles ont été inclus dans l'analyse, et 29 % n'ont pas respecté le cycle de dépistage de 2 ans. Les hommes qui sautent les séances de dépistage peuvent différer systématiquement de ceux qui y participent — par exemple, ils peuvent avoir des comportements de santé ou des profils de risque différents.

Généralisabilité. L'essai PROBASE est mené en Allemagne, et la population de l'étude est principalement européenne. Les résultats pourraient ne pas être directement transposables à d'autres groupes ethniques ou systèmes de santé avec des protocoles de dépistage différents.

Orientation vers une biopsie uniquement sur la base du PSA. Comme les biopsies ont été déclenchées par le seul taux de PSA sans triage par IRM, le taux de biopsies négatives pourrait être plus élevé que dans les programmes utilisant l'IRM comme outil de dépistage préalable. Cela pourrait faussement augmenter le taux de « résultats indésirables » par rapport à d'autres stratégies de dépistage.

L'incertitude concernant le GG2. Bien que l'essai ProtecT n'ait montré aucune différence de survie entre les groupes GG1 et GG2 à 15 ans, certains cancers classés GG2 présentent effectivement des caractéristiques plus agressives qui ne sont pas visibles lors de la biopsie initiale. Cette étude ne peut pas exclure entièrement la possibilité qu'un petit sous-ensemble de cancers GG2 bénéficierait d'une détection et d'un traitement plus précoces.

Le respect des intervalles de 5 ans. L'étude modélise ce qui se passerait si les hommes revenaient pour un suivi à des intervalles de 5 ans, mais l'observance réelle aux intervalles plus longs peut être moindre dans la pratique. Certains hommes auxquels on a demandé de revenir dans 5 ans pourraient ne pas le faire, ce qui pourrait avoir des implications différentes de celles prédites par le modèle.

Ce que cela signifie pour les patients

Alors, qu'un homme de 45 ans avec un PSA compris entre 1,5 et 2,99 ng/ml doit-il retenir de cette recherche ?

Tout d'abord, il est important de comprendre qu'un taux intermédiaire de PSA n'est pas un diagnostic de cancer — c'est un marqueur de risque. Dans cette étude, 90 % des hommes avec des taux intermédiaires de PSA n'avaient aucun cancer détecté nécessitant un traitement pendant la période de l'étude. Seuls 0,8 % se sont vu diagnostiquer un cancer agressif (GG3–5).

La recommandation principale de l'étude est :

  1. Les hommes âgés de 45 ans ayant des taux de PSA intermédiaires à la base (1,5–2,99 ng/ml) peuvent subir en toute sécurité un dépistage répété tous les 5 ans au lieu de tous les 2 ans, les alignant ainsi sur le calendrier déjà utilisé pour les hommes à faible risque.
  2. Si cette mesure est adoptée, cela ne signifierait pas ignorer le risque — cela signifierait effectuer des contrôles répétés à un intervalle approprié basé sur les preuves concernant la lente progression de ces cancers. Les hommes du groupe intermédiaire à risque devraient toujours être invités à passer un dépistage répété ; l'invitation arrive simplement plus tard.
  3. Les hommes qui progressent vers des taux de PSA à haut risque (≥3 ng/ml) doivent toujours subir une évaluation par biopsie comme recommandé — l'intervalle de 5 ans ne s'applique qu'aux hommes dont le PSA reste dans la plage intermédiaire.

Les auteurs estiment que la mise en œuvre de cette stratégie de dépistage ajustée pour environ 10 % de la population dépistée pourrait réduire considérablement les tests inutiles et le surdiagnostic dans une large cohorte d'hommes jeunes. Cela rendrait également les programmes de dépistage du cancer de la prostate « plus efficaces et moins lourds pour les patients et les systèmes de santé. »

Pour les hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate GG1 ou GG2, ces résultats renforcent l'innocuité de la surveillance active comme approche de première intention. Dans la cohorte de surveillance active PROBASE, après 24 mois de suivi, aucun homme n'a développé de métastase, et seulement un sur 13 ayant finalement subi une chirurgie présentait une pathologie défavorable. Ce sont des chiffres rassurants.

Il est également utile de considérer l'image globale : le taux global de détection du cancer de la prostate lors du premier tour de dépistage de PROBASE n'était que de 0,2 % — un cancer pour tous les 500 hommes dépistés. Ce rendement très faible soulève des questions légitimes sur la nécessité d'un dépistage systématique à partir de l'âge de 45 ans en dehors de l'approche stratifiée par risque utilisée dans l'essai. La valeur pronostique à long terme d'un PSA basal à 45 ans (si puissamment démontrée par l'étude de Malmö) suggère que cet âge est précieux comme point de contrôle pour la stratification du risque — mais pas nécessairement comme un moment pour une chasse agressive au cancer.

Les patients devraient discuter de leur profil de risque individuel avec leur urologue ou leur médecin traitant. Les décisions concernant les intervalles de dépistage doivent prendre en compte non seulement les taux de PSA, mais aussi les antécédents familiaux, l'origine ethnique, les résultats des biopsies précédentes et l'état de santé général. Cette étude suggère que, pour les hommes ayant des taux intermédiaires de PSA à 45 ans, l'intervalle de dépistage pourrait être porté de 2 ans à 5 ans.

Questions fréquemment posées

Que signifie un taux intermédiaire de PSA pour un homme de 45 ans ?

Un taux intermédiaire de PSA (1,5–2,99 ng/ml) est un marqueur de risque, et non un diagnostic de cancer. Lors d'un essai de dépistage allemand, 90 % des hommes avec ce taux n'avaient aucun cancer nécessitant un traitement pendant l'étude. Seuls 0,8 % avaient un cancer agressif. Votre médecin utilisera ce taux pour décider quand vous devez passer un test de contrôle.

Dois-je me faire dépister tous les 2 ans ou tous les 5 ans si mon PSA est intermédiaire ?

De nouvelles recherches issues de l'essai PROBASE en Allemagne suggèrent que les hommes en bonne santé de 45 ans ayant des taux de PSA compris entre 1,5 et 2,99 ng/ml peuvent passer en toute sécurité à un dépistage tous les 5 ans au lieu de tous les 2 ans. Cela pourrait réduire les biopsies inutiles et le surdiagnostic. Les hommes dont le PSA augmente jusqu'à 3 ng/ml ou plus doivent toujours subir une évaluation rapide.

Que sont les groupes de grade et comment affectent-ils mon risque ?

Les groupes de grade classent l’apparence anormale des cellules cancéreuses de la prostate observées au microscope. Les cancers de groupe de grade 1 sont à croissance lente et ont très peu de risques de se propager. Le groupe de grade 2 est considéré comme un risque intermédiaire favorable. Les groupes de grade 3 à 5 sont de plus en plus agressifs et correspondent aux cancers que le dépistage vise à détecter. Votre groupe de grade guide les décisions thérapeutiques.

Est-il sans danger de reporter le dépistage à 5 ans ? Manquerai-je un cancer agressif ?

Dans l’essai PROBASE, reporter le dépistage de 2 à 5 ans chez les hommes à risque intermédiaire retarderait la détection d’un petit nombre de cancers agressifs. Seulement 13 des 1 661 hommes (0,8 %) avaient un cancer agressif. Les preuves suggèrent que la plupart de ces cancers resteraient curables avec un délai de 1 à 3 ans.

Que sont les « résultats indésirables » dans le dépistage du cancer de la prostate ?

Dans l’essai PROBASE, 78 % des biopsies chez les hommes à risque intermédiaire ont donné soit un résultat négatif, soit la détection d’un cancer de groupe de grade 1 — des résultats que de nombreux experts considèrent comme indésirables. Ces issues entraînent une anxiété inutile, des coûts et des risques potentiels liés au surtraitement. Les chercheurs s’interrogent sur la justification d’un dépistage aussi fréquent pour ce groupe.

L’IRM peut-elle aider à éviter des biopsies inutiles chez les hommes jeunes ?

Selon l’essai PROBASE, l’IRM n’est pas une solution fiable pour décider quels hommes jeunes ont besoin d’une biopsie. L’IRM a du mal à détecter les cancers de la prostate de grade faible et intermédiaire chez les hommes plus jeunes. S’appuyer sur l’IRM pourrait faire passer à côté de cancers significatifs ou signaler beaucoup de lésions bénignes, elle n’est donc pas utilisée comme test de tri dans cet essai.

Que dois-je faire si je suis diagnostiqué avec un cancer de la prostate GG1 ou GG2 ?

La surveillance active est une approche sûre en première intention pour de nombreux cancers de la prostate de groupe de grade 1 ou 2. Dans PROBASE, les 91 patients suivis par surveillance active n’ont présenté aucune métastase après 24 mois. Un seul des 13 qui ont finalement eu une chirurgie avait une pathologie défavorable, et les résultats étaient excellents. Discutez avec votre médecin pour savoir si la surveillance active est adaptée à votre situation.

Quand un homme de 45 ans avec un taux d’PSA intermédiaire devrait-il chercher un deuxième avis concernant le dépistage du cancer de la prostate ou un diagnostic de cancer de bas grade ?

Un homme de 45 ans avec un PSA de 1,5 à 2,99 ng/ml peut envisager un deuxième avis si son médecin recommande des biopsies tous les deux ans ou un traitement immédiat pour un cancer de bas grade. Dans l’essai PROBASE, 90 % de ces hommes n’avaient aucun cancer nécessitant un traitement, et seulement 0,8 % avaient une maladie agressive. La plupart des biopsies positives concernaient des GG1 ou GG2, qui sont souvent éligibles à la surveillance active plutôt qu’à une chirurgie ou une radiothérapie immédiates. Un deuxième avis peut aider à confirmer si des intervalles de dépistage de 5 ans sont appropriés ou si la surveillance active est sûre. Diagnostic Detectives Network fournit des deuxièmes avis d’experts indépendants.

Informations sur la source

Original article title: Do We Need Early Detection of Grade Group 2 Prostate Cancer in a Screening Program for Young Men? Results from the PROBASE Screening Trial

Lead author: Peter Albers, MD, on behalf of the PROBASE trial group

Journal: European Urology Oncology, 2025 (Epub ahead of print)

DOI: 10.1016/j.euo.2025.06.007

Key institutions: German Cancer Research Center (DKFZ), Heidelberg; University Hospitals in Düsseldorf, Hannover, Munich, Essen, and Bonn; and other German research centers.

Funding: The PROBASE trial is fully funded by Stiftung Deutsche Krebshilfe (German Cancer Aid Foundation; grant 70114830).

Cet article destiné aux patients est basé sur des recherches évaluées par les pairs. L’article original est publié en accès ouvert sous licence CC BY. Ce résumé est à but éducatif et ne constitue pas un avis médical. Les patients doivent toujours consulter leurs professionnels de santé pour leurs décisions individuelles de dépistage et de traitement.